Au Père et Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Je vous souhaite la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. Cette analyse a pour but d'étudier certains sujets en particulier et aujourd'hui, c'est l'Évangile selon saint Jean qui est à l'honneur. Jusqu'à maintenant, nous avons vu que le chapitre 1 de Jean est construit comme le chapitre 1 de la Genèse, laquelle comprend sept jours où Dieu témoigne de lui-même en déclarant qu'il est le Créateur. Le chapitre 1 de Jean fait de même.
Durant notre dernière analyse, nous avions établi que le verset 19 marquait le premier jour de ce témoignage. Ce jour-là, quelques Juifs étaient venus trouver Jean Baptiste pour lui demander qui il était et il leur avait répondu qu'il n'était pas le Messie, mais que celui-ci allait venir. Il avait ajouté qu'il était ni le prophète ni Elijah, etc. Le jour 2 débute au verset 29, où l'on peut lire que Jésus est l'Agneau de Dieu qui porte ou qui enlève le péché du monde. Nous sommes maintenant sur le point de passer aux jours 3 et 4 durant cet épisode de notre analyse détaillée.
Le verset 35 dit ceci:
« 35 Le lendemain [soit le jour 3], Jean était encore là, avec deux de ses disciples; 36 et, ayant regardé Jésus qui passait, il dit: Voilà l'Agneau de Dieu. 37 Les deux disciples l'entendirent prononcer ces paroles, et ils suivirent Jésus. » (Jean 1:35-37)
Pour une deuxième fois de suite, saint Jean Baptiste proclame que le Messie est l'Agneau de Dieu. Et les deux disciples de Jean Baptiste décident de suivre le Christ au lieu de rester avec leur maître. Et saint Jean le bien-aimé insiste pour dire que le mouvement de Jean Baptiste n'a plus raison d'être et que ses disciples devraient maintenant suivre le Christ, le Messie, Jésus lui-même, le Fils de Dieu. Et ceci est d'une grande importance, comme nous l'avons vu lors de nos précédentes études de la Bible.
Puis, le verset 38 dit:
« 38 Jésus se retourna, et voyant qu'ils le suivaient, il leur dit: Que cherchez-vous? Ils lui répondirent: Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeures-tu? » (Jean 1:38)
Ici, comme il est question de la nature divine du Christ, saint Jean s'adresse aux Hébreux aussi bien qu'aux non-Juifs lorsqu'il écrit. Bien qu'il s'exprime principalement en grec, il
précise que le mot rabbi signifie maître, afin que son auditoire sache de quoi il parle, n'est-ce pas? À cette époque, le mot rabbi n'était pas un titre exclusif aux prêtres, alors il était normal qu'il s'en serve pour désigner le Christ lui-même.
Et au verset 39, nous avons:
« 39 Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là. C'était environ la dixième heure [environ 16h pour nous]. 40 André, frère de Simon Pierre, était l'un des deux qui avaient entendu les paroles de Jean, et qui avaient suivi Jésus. 41 Ce fut lui qui rencontra le premier son frère Simon, et il lui dit: Nous avons trouvé le Messie (ce qui signifie Christ) [encore ici, il traduit dans l'autre langue]. » (Jean 1:39-41)
Le deuxième disciple, dit-on, est probablement Jean le bien-aimé lui-même, puisque c'était un collègue de travail d'André, les deux étant des pêcheurs de métier, n'est-ce pas? Il est donc plausible qu'ils se soient trouvés là au même moment. Et il était très commun pour saint Jean de conserver l'anonymat dans son propre Évangile.
Il y a un point important à considérer ici sur le plan spirituel: saint Jean le bien-aimé et saint André étaient tous deux en quête de vérité et ils savaient, ils comprenaient que la vérité était une personne. Ainsi, lorsqu'ils ont entendu le témoignage de saint Jean Baptiste à l'effet que le Christ Jésus était le Messie, ils ont quitté Jean Baptiste et ont commencé à suivre Jésus. Et c'est pourquoi ce dernier s'est retourné et leur a dit: Que cherchez-vous? et qu'ils ont répondu: Rabbi, où demeures-tu?, n'est-ce pas? Ils le cherchaient.
Et ceci est très important pour nous, car souvent, nous ne cherchons pas Dieu lui-même: nous cherchons plutôt ce qu'il peut nous donner. Nous le traitons comme une machine distributrice ou un Père Noël qui peut nous donner ce qu'on demande. D'ailleurs, nos prières sont souvent chargées de ces demandes, qu'elles soient importantes ou non.
Mais l'idée d'entrer en relation profonde et intime avec lui ne nous vient jamais à l'esprit. Et c'est bien triste. Nous devrions faire comme saint Jean le bien-aimé et saint André et chercher le Christ, la vérité. Dans le passage qui nous intéresse, après avoir entendu le Christ, l'avoir suivi et être resté auprès de lui (en toute intimité), saint André a commencé à comprendre qu'il était le Messie.
Bien entendu, le fait d'apprendre à connaître le Messie se fait graduellement, au même titre que de décider de se retirer et de suivre Dieu permet peu à peu d'entrer en relation avec lui. C'est un processus au cours duquel Dieu devient notre propre Dieu. Ainsi, lorsque saint André conduit saint Pierre à Jésus, ce qui arrive ensuite va comme suit, au verset 42:
« 42 Et il le conduisit vers Jésus. Jésus, l'ayant regardé, dit: Tu es Simon, fils de Jonas; tu seras appelé Céphas (ce qui signifie Pierre). » (Jean 1:42)
Saint Jean Chrysostome note que deux noms sont employés ici. Le premier est le nom usuel de Simon, alors que le Christ lui dit: Tu es le fils de Jonas. Il veut lui montrer qu'il possède un pouvoir qui dépasse la norme, un pouvoir surnaturel. Et comme il vient de lui montrer qu'il connaît le nom de son père, il lui annonce également qu'il va changer de nom et qu'on l'appellera Céphas. Il sera un roc. Il sera une pierre, et nous connaissons l'histoire... la foi de saint Pierre sera le fondement de l'Église. Ainsi, ce que le Christ déclare se confirme au présent et se confirmera également dans le futur.
À ce propos, saint Cyrille dit ceci:
« Car sans avoir eu besoin de dire un seul mot et sans même avoir cherché à savoir qui était cet homme et d'où il venait, il lui a dit qui était son père et l'a appelé par son propre nom. Dès lors, il ne lui a plus permis de continuer de répondre au nom de Simon, exerçant déjà sur lui son autorité seigneuriale et son pouvoir, comme sur ceux qui lui appartiennent. Il a changé son nom pour celui de Pierre, d'après le mot grec πέτρα (pétra), ... » (Saint Cyrille d'Alexandrie) - [traduction libre]
Dans cette citation, saint Cyrille explique que le Christ a montré sa seigneurie, son autorité, et qu'il a exercé son pouvoir sur Simon en changeant son nom. C'est un détail très important, car après l'avoir fait, il a accepté Simon parmi ses disciples en l'appelant dorénavant Pierre.
Le changement de nom suppose également un changement d'identité. C'est une pratique courante au sein de l'Église lorsque vient le temps d'ordonner un prête, un évêque, un moine ou une sœur. On change leur nom, car ils deviennent de nouvelles personnes, des êtres différents: ils sont dès lors centrés uniquement sur le Christ. Ils sont sanctifiés, consacrés.
Et il en est de même pour tous les chrétiens. C'est pourquoi, lors du baptême, nous recevons un nom de baptême qui est associé au nom d'un saint, confirmant qu'à partir de là, peu importe quel était notre nom, nous serons dorénavant Pierre, Jean, Jacques, André, ou qui d'autre encore! On nous appelle par le nom d'un saint, car nous sommes maintenant un christ, et nous lui sommes consacrés. Par conséquent, nous devrions vivre nos vies de cette manière, sanctifiés, consacrés à Dieu, remplis de l'Esprit Saint, et donc, en étant à lui et seulement à lui.
À présent, voyons ce que nous réserve le verset 43:
« 43 Le lendemain [soit le jour 4], Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit: Suis-moi. 44 Philippe était de Bethsaïda, de la ville d'André et de Pierre.
45 Philippe rencontra Nathanaël, et lui dit: Nous avons trouvé celui de qui Moïse a écrit dans la loi et dont les prophètes ont parlé, Jésus de Nazareth, fils de Joseph. » (Jean 1:43-45)
Nathanaël est également connu sous le nom de Barthélemy. Dans les Évangiles synoptiques, c'est-à -dire les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc, on l'appelle Barthélemy, Et Barthélemy est toujours nommé avec Philippe lorsque Matthieu, Marc et Luc écrivent les noms des douze apôtres. Mais Jean l'appelle Nathanaël. Autrement dit, Nathanaël et Barthélemy sont une seule et même personne.
Un autre détail mérite d'être mentionné ici. Remarquez qu'à la fin du verset, saint Jean appelle Jésus fils de Joseph. Bien entendu, ceci ne veut pas dire que saint Jean doute de la conception virginale, loin de là. Il ne fait que respecter la façon légale pour les Juifs de nommer le Christ, précisant qu'il est de la lignée de Joseph, tout simplement.
Bien sûr, nous ne pouvons parler de Joseph comme étant le père de Jésus, car ce n'est pas le cas. Le Christ, le Messie, n'a qu'un père et c'est Dieu le Père. En revanche, on appelle sainte Marie mère de Dieu, car elle l'a porté en elle, donc c'est exact, c'est bien elle qui l'a enfanté. Mais on ne peut dire de Joseph qu'il est le père du Christ.
En poursuivant notre lecture, on trouve ceci au verset 46:
« 46 Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois. 47 Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude. 48 D'où me connais-tu? lui dit Nathanaël. Jésus lui répondit: Avant que Philippe t'appelât, quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu. 49 Nathanaël répondit et lui dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. » (Jean 1:46-49)
Au jour 3, nous avons vu que Jean Baptiste pointait le Christ en annonçant qu'il était l'Agneau de Dieu, donc, lui aussi... Il a témoigné de lui une fois de plus. Puis, toujours au jour 3, André a proclamé à son tour que le Christ était le Messie, donc il a témoigné qu'il était le Messie. De la même manière, au jour 4, Nathanaël le proclame en disant: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël. Encore un autre qui témoigne que le Christ était le Messie.
Le premier élément à considérer ici, c'est la façon dont Nathanaël parle de Nazareth. Il dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de bon? Pourquoi dire cela? Parce que Nazareth n'était pas mentionnée une seule fois dans l'Ancien Testament. Par conséquent, cette ville n'avait aucun poids sur le plan politique. Elle ne présentait aucun intérêt historique. C'est pourquoi il se demandait en lui-même: comment un messie ou un prophète pourrait-il venir de cette ville?
Mais plus important encore, au verset 47, on dit: Jésus, voyant venir à lui Nathanaël, dit de lui: Voici vraiment un Israélite, dans lequel il n'y a point de fraude. Puis, Nathanaël lui demande: D'où me connais-tu?, ce à quoi Jésus répond: Quand tu étais sous le figuier, je t'ai vu, et Nathanaël réagit en disant: Tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël.
Nous nous retrouvons donc avec le même genre de témoignage que Simon, fils de Jonas, maintenant appelé Pierre, avait rendu. Cette connaissance mystique à propos de Dieu s'exprime maintenant chez Nathanaël. Lorsque ce dernier était sous le figuier, il a sans doute vécu une profonde expérience spirituelle. Le texte ne décrit pas l'expérience en question. Il a probablement senti Dieu très proche de lui. Il a vécu un moment très intime. Ainsi, lorsque le Christ lui dit: Je t'ai vu sous le figuier, Nathanaël comprend tout de suite, n'est-ce pas? C'est pourquoi il dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu.
Il y a une autre théorie qui peut expliquer ce passage. On dit que Nathanaël aurait peut-être entendu Jean Baptiste parler du Messie à venir et qu'il se serait rendu au pied du figuier pour réfléchir, et peut-être même pour prier, dans l'espoir de rencontrer ce Messie. Et alors qu'il priait, Philippe serait venu le voir pour lui dire: nous avons trouvé le Messie. Nathanaël aurait donc suivi Philippe et une fois rendu sur place, le Christ lui aurait dit: Je t'ai vu sous le figuier, ce qui aurait tout de suite conduit Nathanaël à proclamer qu'il était le Messie.
Le texte suggère également que Nazareth était possiblement un obstacle pour Nathanaël. Mais Philippe n'avait pas tellement envie d'argumenter avec lui. Il s'est contenté de lui dire: Viens constater par toi-même. Et Nathanaël l'a suivi. Et une fois rendu sur place, il a senti la présence de Dieu et c'est alors qu'il a dit: Rabbi, tu es le Fils de Dieu, tu es le roi d'Israël.
Sa foi lui est donc venue après avoir rencontré Dieu. Car Dieu est une personne. Il est rare que nous procédions ainsi de nos jours, et c'est malheureux. Plusieurs ne se soucient guère de connaître Dieu, mais ils veulent qu'il soit là, comme je le mentionnais plus tôt, ou ils se contentent d'argumenter, voyez-vous. Les gens s'inventent souvent des excuses ou quoi que ce soit d'autre, et se demandent s'il a vraiment existé dans l'histoire ou pas, et ainsi de suite.
Mais à quoi bon faire toutes ces choses, puisque que ça ne rapporte que très peu? Pour certains, les discussions sont peut-être un moyen de les aider à s'orienter dans le droit chemin, mais ce qui importe vraiment, c'est de faire face à Dieu et de prier, d'aller à la messe, de lire la Bible, de rencontrer Dieu. Et ce faisant, il devient de plus en plus réel. Que l'on soit chrétien ou pas, c'est une des plus importantes façons d'aborder Dieu, afin qu'il se révèle à nous, n'est-ce pas?
Maintenant, avant de passer au verset 50, il est capital de bien comprendre le contexte historique dans lequel notre récit se déroule. À cette époque, les Juifs considéraient le Messie comme une personne qui viendrait les affranchir de l'autorité de Rome, quelqu'un comme le roi David, par exemple, qui leur ferait faire la guerre, afin qu'ils se libèrent et soient de nouveau les maîtres de leur destinée. Et cette mentalité troublait grandement leur compréhension de
celui qu'on appelait le Messie. Mais le Christ a voulu rectifier cette idée dans l'esprit de Nathanaël, alors il dit ceci, au verset 50:
« 50 Jésus lui répondit: Parce que je t'ai dit que je t'ai vu sous le figuier, tu crois; tu verras de plus grandes choses que celles-ci. 51 Et il lui dit: En vérité, vous verrez désormais le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre sur le Fils de l'homme. » (Jean 1:50-51)
Bien entendu, il se réfère à l'échelle de Jacob qui était décrite dans la Genèse, au chapitre 28, verset 12. Jacob était couché sur une pierre et il vit en rêve cette échelle appuyée sur la terre qui touchait au ciel et par laquelle des anges montaient et descendaient. Ceci symbolise la réconciliation entre le ciel et la terre, entre Dieu et l'humanité.
Le Christ voulait donc dire à Nathanaël que sa conception du Messie était erronée; que son travail, son rôle était beaucoup plus important qu'il ne l'imaginait; qu'il était là pour réconcilier le ciel et la terre à travers la croix et la résurrection. Voilà le véritable Messie que nous attendions.
N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.
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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.