Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes bien chers frères, je vous souhaite la bienvenue au troisième volet de cette série qui porte sur l'Eucharistie selon la pensée de saint Cyrille d'Alexandrie. Si vous avez assisté aux quelques dernières présentations, vous êtes parfaitement conscients de ce que nous essayons de faire ici. Puisqu'il importe que nous discutions de notre compréhension de la théologie eucharistique d'après la pensée de saint Cyrille, vous savez maintenant qu'il fallait commencer par comprendre dans quelle condition se trouve l'humanité. Et nous en avons parlé en expliquant que le Seigneur avait une intention précise en ce qui concerne l'être humain lorsqu'il nous a créés à son image et à sa ressemblance.


Nous avons également parlé des répercussions majeures que nous avons subies après la chute de l'humanité: à cause d'elle, l'être humain hérita de la mort au lieu de la vie, fut éloigné et séparé de Dieu, ne fut plus capable de rester uni à lui et tomba dans la corruption, alors que l'intention de Dieu était que nous puissions vivre sans corruption. Ainsi, mes frères, repassons ensemble ce dont nous avons discuté précédemment durant le second volet de notre analyse.


Nous avons abordé la question de la condition déchue de l'humanité et de la nécessité de nous réconcilier avec Dieu. Nous avons aussi examiné les effets de la chute, soit de devoir faire face à la corruption et de voir la mort entrer dans le monde par l'envie du diable, ce qui fut mis en évidence par nos références à la liturgie et aux Écritures. Nous avons mentionné que nous avions été éloignés de Dieu et que, ce faisant, nous avions perdu l'Esprit sacré de Dieu qui vivait en nous, lequel, d'après saint Cyrille, nous avait été donné lorsque Dieu nous avait insufflé son souffle de vie. Il a aussi été question du divin dilemme, puisque que Dieu devait faire face au fait que l'être humain ne pouvait plus le voir ou se souvenir de lui, que l'image qu'il s'en faisait était complètement déformée et qu'il n'avait pas d'autre choix que d'envoyer son Fils unique, afin qu'il s'incarne, qu'il s'abaisse et qu'il devienne comme nous.


Nous en sommes maintenant à discuter des prochaines étapes. Il sera important aujourd'hui de réaliser que la christologie de saint Cyrille, soit la manière dont il perçoit la personne de Jésus-Christ, est intimement liée à sa théologie eucharistique. En effet, sa manière de voir le Christ et de parler de sa nature, ou plutôt de ses deux natures, l'une parfaitement divine et l'autre parfaitement humaine, en affirmant qu'elles constituent la personne unique du Seigneur Jésus-Christ, devient une vision de la christologie qui influence sa compréhension de la sainte Eucharistie et de la façon dont nous y participons, et j'ajouterais, de celui auquel nous participons.


Aujourd'hui donc, nous parlerons de la christologie et de la théologie eucharistique de saint Cyrille. Nous allons nous pencher sur Jésus-Christ, le Dieu-homme, en grec θεανθρωπος (theanthropos), le Dieu-homme en chair et en os, expliqué par saint Cyrille. Enfin, nous allons voir que les attributs du Seigneur Jésus-Christ sont les mêmes que nous retrouvons dans l'Eucharistie, puisque celle-ci représente le corps même du Verbe incarné. Mes frères, allons examiner tout cela de plus près.


Saint Cyrille commence par une explication très importante: il nous dit que le Fils de Dieu auquel nous croyons est le Fils de Dieu défini par la Sainte Église. Il nous apprend qu'au Concile de Nicée, les saints pères nous ont inculqué une croyance, décrivant le Fils de Dieu comme la lumière de la lumière, le vrai Dieu du vrai Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père, et il se réfère aux enseignements du saint Credo apostolique et orthodoxe qui nous fut légué par les Pères et le Concile de Nicée.


S'il se sert de ces références, c'est pour pouvoir dire que ce n'est pas nous qui avons inventé cette histoire. Nous avons reçu quelque chose de la Sainte Église et nous y tenons ferme. Je trouve ça beau, vraiment beau de constater que les pères eux-mêmes se référaient à ceux qui étaient passés avant eux. Ils ont hérité de la tradition, l'ont transmise, et nous y tenons tout autant, tout comme ils y tenaient en la recevant. Ainsi, ce que Dieu a transmis à ses disciples, ses disciples l'ont transmis à tous les apôtres et à tous les évêques de l'Église à ses débuts, qui à leur tour l'ont passé aux pères et c'est maintenant nous qui continuons à le passer de génération en génération. Allons voir ce que saint Cyrille dit dans une de ses premières lettres, parmi les nombreuses lettres qu'il a écrites:


« Mais nous, dont l'esprit fut éclairé par la lumière de Dieu, puisque nous avons choisi de croire à ce qui est incomparablement mieux que leurs absurdités [ici, leur absurdités, ce sont celles des hérétiques, ceux qui fabulent à leur gré] et de suivre les croyances des saints Pères, nous disons que le Fils, d'une façon divine et extraordinaire... Nous reconnaissons que le Fils est lumière de lumière, Dieu de Dieu par sa nature, égal en gloire et en action, l'image et l'éclat étant égaux à tous égards et d'aucune façon inférieurs. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]


Pour saint Cyrille, le Fils et le Père n'ont qu'une seule et même substance. De toute évidence, ceci s'oppose à de nombreux arguments de l'hérésie arienne, puisque Arius croyait que le Fils n'était pas l'égal du Père, qu'il était une créature, que le Fils n'était pas toujours avec le Père; il disait qu'à une certaine époque, le Fils n'existait pas, et ainsi de suite. Son argument s'oppose également à ceux qui croyaient que Sainte Marie n'avait pas donné naissance au Verbe de Dieu incarné. Il parle donc ici contre les deux hérésies à la fois en évoquant que nous croyons au Fils de Dieu, que selon notre christologie, Jésus-Christ ne fait qu'un avec le Père et qu'il est le Verbe qui s'est fait homme et qui a vécu parmi nous.


Et à ce propos, saint Cyrille se montre très clair. Il n'était pas simplement un être humain né de Sainte Marie (la Sainte Theotokos) dont Dieu s'est ensuite emparé. Non! Il a toujours été


celui qui fut engendré du Père avant la nuit des temps. Il a toujours été le Verbe de Dieu incarné dans les entrailles de la Sainte Vierge Theotokos, Sainte Marie, dès la conception.


Saint Cyrille se réfère à Jean, au chapitre 1, verset 14, un très beau verset dont la force du message lui permet de nous préciser qui est ce Seigneur Jésus-Christ que nous croyons toujours être parmi nous aujourd'hui. Saint Jean dit ceci:


« 14 Et le Verbe s'est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire comme celle qu'un fils unique tient de son Père, tout plein de grâce et de vérité. » (Jean 1:14) - [Bible catholique Crampon 1923]


Ainsi, il nous dit que le Verbe de Dieu, le Logos, s'est fait chair; il est devenu comme nous; il est devenu un être humain pour nous. Saint Cyrille commente ceci en disant:


« Maintenant, les Écritures disent que le Verbe de Dieu s'est incarné, c'est-à-dire, qu'il s'est uni à la chair dotée d'une âme rationnelle. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]


Il a fait de cette chair la sienne; il s'est uni à ce corps pour ne faire qu'un, pour nous. Et alors, ce corps est devenu le sien. Il ne s'est pas emparé du corps d'un autre homme; il n'est pas entré dans l'esprit d'un autre homme; il ne s'est pas approprié de l'âme d'autrui. Non! Il a fait de ce corps son propre corps. Or, puisque ce corps est devenu le sien, ceci aura une influence marquée, même majeure, sur les propos de saint Cyrille envers l'Eucharistie.


Poursuivons dans cette ligne encore un peu, car lorsqu'on dit que saint Cyrille... pardon, non pas saint Cyrille... que le Seigneur Jésus-Christ s'est fait chair en tant que Verbe de Dieu, le Fils unique du Père, qu'il fut incarné et devint un homme comme nous, on comprend qu'il est devenu tout ce que nous sommes, afin de pouvoir nous donner tout ce qu'il est. Il sera très important de se rappeler de ceci quand nous parlerons de la solution qu'il nous a proposée face à notre mort, notre corruption et notre aliénation.


Saint Cyrille dit une très belle chose en correspondant avec Nestorius. Ces deux-là ont échangé plusieurs lettres dans lesquelles saint Cyrille tentait patiemment d'éduquer Nestorius, l'évêque de Constantinople, en lui pointant les failles de son raisonnement. Ce qui suit se trouve dans une de ces lettres à Nestorius, la lettre numéro quatre de la série. Saint Cyrille lui parle comme ceci:


« Le Verbe [devenu] chair n'est rien d'autre qu'une façon pour lui de prendre part au sang et à la chair tout comme nous. Il s'est approprié notre état charnel et est né d'une femme sans se départir de sa divinité et du fait d'être issu de Dieu le Père, mais en adoptant la chair, il est resté celui qu'il était. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 4: Lettre à Nestorius) - [traduction libre]


Il continue d'être parfaitement divin, tout en adoptant tout ce que nous sommes. Ainsi, comme il prenait part au sang et à la chair comme nous, son corps lui appartenait et c'était un corps pareil au nôtre, ce qui signifie que son incarnation représente l'union du corps qu'il a adopté et de sa divinité. Il en a fait son corps à lui. Et ceci est très important, car si sa divinité et son humanité sont maintenant réunies dans la personne du Seigneur Jésus-Christ, ceci va conditionner notre croyance envers l'Eucharistie. Tout comme son corps pouvait saigner, pleurer, avoir faim, avait besoin de se reposer, ce même corps est celui qu'il nous offre aujourd'hui en disant: Prenez, mangez-en tous; prenez, buvez-en tous.


C'est le même corps du Verbe de Dieu incarné. Et puisqu'il fut uni à sa divinité, tous les attributs que le Seigneur Jésus-Christ avait quand il a marché parmi nous sur terre se retrouvent dans l'offrande eucharistique, car nous croyons qu'elle est vraiment son corps et son sang.


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