Au nom du Père et du Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes et dont l'objectif est d'examiner de près l'Évangile selon saint Jean. Nous analysons présentement le chapitre 5 de cet Évangile et nous en sommes au verset 16. La dernière fois, en examinant les versets 1 à 15, nous avons vu que le Christ avait guéri le paralytique. Il avait restauré les muscles de ses pieds, lui avait dit de se lever, d'emporter son lit de fortune et de rentrer à la maison. Nous avons également vu qu'il avait croisé les pharisiens en s'en allant et que ces derniers n'étaient pas très contents de le voir transporter son lit un samedi de sabbat. C'est ce qui nous amène au verset 16, où on peut lire:
« 16 C'est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat. » (Jean 5:16)
L'un des buts visés par l'Évangile selon saint Jean est d'illustrer la tension qui existait entre le Christ et les pharisiens, car le Christ... ou plutôt saint Jean, pardon, a rédigé ceci à la fin du siècle premier. À cette époque, plusieurs Juifs étaient devenus chrétiens, mais ce ne fut pas le cas de tous; certains ne s'étaient pas convertis au christianisme. Ainsi, Jean a écrit de façon à expliquer pourquoi certains étaient demeurés juifs, n'est-ce pas? Il voulait que son Évangile témoigne de cette tension.
Au cours des versets 1 à 15, la tension si situe entre le paralytique et les pharisiens, mais au verset 16, on remarque qu'elle se déplace vers le Christ lui-même. C'est maintenant entre le Christ et les pharisiens que la situation est tendue, et on en témoigne: C'est pourquoi les Juifs poursuivaient Jésus, parce qu'il faisait ces choses le jour du sabbat. Il avait fait cela le samedi, n'est-ce pas?
Ceci nous permet également de mieux comprendre que les valeurs véhiculées par une personne agissent comme un filtre qui détermine sa façon de percevoir le monde qui l'entoure. Un événement peut donc sembler à ce point glorieux et magnifique qu'il en amène plusieurs à se repentir, tandis que pour d'autres, le même événement peut être la cause d'un cœur endurci. Nous en avons un parfait exemple ici.
Nous avons un homme qui était paralysé depuis 38 ans, et pourtant, même s'il était dans le temple à rendre grâce, les pharisiens étaient mécontents, mécontents qu'il ait été guéri de son état, mécontents que le Christ lui ait pardonné ses péchés en lui disant: ne pèche plus. Tout ce qui les préoccupait, c'était que l'homme transporte son lit, un samedi. Où était-donc leur cœur?
Ceci nous envoie un message spirituel ou un message pratique à appliquer à nos vies. Lorsque nous rencontrons des personnes et que nous voulons les traiter convenablement, il y en a qui réagissent toujours de façon négative face à la bonté que nous leur témoignons. Elles regardent le monde à travers leur filtre intérieur et se demandent pourquoi nous sommes si gentils avec elles. Elles se disent: Ah, cette personne doit avoir une idée derrière la tête! Pourtant, à l'opposé, d'autres personnes demeurent très simples, très aimantes, très attentives. Elles abordent toutes choses avec simplicité, n'est-ce pas? C'est pourquoi le Christ nous dit: Soyez prudents comme les serpents, mais simples comme les colombes.
En tant que chrétien, je ne laisse jamais quelqu'un me piétiner. Ce n'est pas ce que le Christianisme attend de nous. Il faut être fort et courageux, tout en étant tendre, humble et attentif aux autres. Il faut être semblable au Christ. Je ne laisse personne que je côtoie m'abaisser ou me marcher sur les pieds. Il me faut être prudent comme le serpent, mais simple comme la colombe. Mes réactions doivent toujours être empreintes de simplicité et d'amour.
Puis, les versets 17 et 18 disent ceci:
« 17 Mais Jésus leur répondit: Mon Père agit jusqu'à présent; moi aussi, j'agis. 18 À cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il appelait Dieu son propre Père, se faisant lui-même égal à Dieu. » (Jean 5:17-18)
Ici, saint Jean désire mettre certaines choses en évidence. Tout d'abord, il se sert du sabbat comme prétexte à un problème, mais ce n'est pas le sabbat lui-même qui est en cause. Le cœur du problème, c'est l'autorité que le Christ exerce sur le sabbat. En effet, ce dernier dit: Mon Père a agi jusqu'à présent. Il vient donc de s'associer au Père en disant Mon Père. Il est peut être votre Père aussi, mais d'une autre façon. Vous avez été adoptés après l'incarnation, la croix, la résurrection et l'œuvre salvatrice tout entière. Vous avez été adoptés, mais je suis le véritable Fils, le Fils naturel du Père, n'est-ce pas? Je suis... je suis lié à lui d'une autre façon que la vôtre.
Jean veut donc illustrer que l'autorité que Dieu le Père a sur le sabbat est la même que celle du Christ. Autrement dit, certaines règles ne s'appliquent pas à tout le monde. Par exemple, si j'ai des filles et que je leur demande d'être au lit à 20h parce qu'elles doivent aller à l'école le lendemain et ainsi de suite, cette règle s'applique-t-elle à moi aussi? Non! Je suis au-dessus de ça. De même, Dieu le Fils dit: tout comme Dieu le Père fait autorité sur le sabbat, je fais, moi aussi, autorité sur le sabbat. Et c'est pourquoi il choisit le jour du sabbat pour guérir, démontrant ainsi qu'il est Dieu. C'est un massage très clair qu'il veut faire passer. Il est Dieu: Je suis Dieu. Ceci ne s'applique pas à moi. Ces règles ne s'appliquent pas à moi. Voilà le message qu'il voulait transmettre, d'autant plus que lois qui entouraient le sabbat avaient été créées par l'homme lui-même, et non d'après l'enseignement de Dieu.
Avant de passer au verset 19, il faut savoir que les prochains versets sont un peu complexes sur le plan théologique. J'aimerais donc vous mettre en contexte avant toute chose. Il y a deux faits que le Christ veut établir. Le premier, c'est qu'il est égal au Père. C'est ce dont il est question dans la plus grande partie des prochains versets, à savoir que le Père et lui partagent la même essence divine. Mais au moment de faire de telles affirmations, il prend conscience que les personnes qui sont devant lui le voient comme un humain. Il décide donc d'adapter son discours en tenant compte de leur perception. Il leur parle d'une façon humaine, bien que son contenu vise à démontrer qu'il est égal ou qu'il partage l'essence divine du Père. Voici comment il s'y prend:
« 19 Jésus reprit donc la parole, et leur dit: En vérité, je vous le dis [il annonce que ce qui suit est très important], le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père [le Fils ne peut pas... ne peut rien faire de lui-même, sauf ce qu'il voit le Père faire]; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. » (Jean 5:19)
Commençons par examiner la fin du verset. Il dit: Tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. Que veut-il dire? Tout ce que le Père peut faire, en parlant de Dieu, le Fils peut le faire aussi. Il est le παντοκράτωρ (pantocrator), le Tout-Puissant; le Fils aussi. Il est la source de vie; le Fils aussi. Il affirme qu'il est égal au Père, qu'il partage la même essence, l'essence divine du Père.
Mais il dit aussi: Je vous le dis, le Fils ne peut rien faire de lui-même. En d'autres mots, dans sa forme humaine, et même sans sa forme humaine, il n'est pas indépendant du Père. Il ne fait rien qui soit contraire à la volonté du Père. Ce que le Père peut faire, le Fils peut le faire aussi et il ne fait rien de lui-même. Il fait ce que le Père lui dit de faire. Et en disant je suis, il le fait en tant qu'homme incarné. Il parle à titre d'être humain qu'il est devenu, pleinement Dieu et pleinement humain à la fois.
Donc ici, il faut noter qu'il y a une grande différence entre engendrer quelqu'un et le créer. Je crois qu'il faut insister sur ces termes. Nous engendrons des êtres qui sont de même nature que nous, soit des êtres humains. Les enfants que nous engendrons sont des humains. Le chat engendre des chats. Le chien engendre des chiens. Lorsque nous créons, c'est très différent. Nous créons quelque chose qui est inférieur à nous-même. Nous créons une table. Nous créons une chaise. Nous créons une peinture, n'est-ce pas? La création est donc une chose inférieure à nous-même. Elle ne partage pas notre essence. Ici, le Fils dit qu'il est le Fils unique du Père, qu'il partage son essence divine, qu'il n'est pas comme ceux à qui il s'adresse, qu'ils sont une création, même s'ils le voient en chair et en os.
Verset 20:
« 20 Car le Père aime le Fils, et lui montre tout ce qu'il fait; et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'étonnement. » (Jean 5:20)
Ce verset est lié au sabbat. Pourquoi? Il affirme que le Père aime le Fils. En premier lieu, il dit que sa relation avec le Père est beaucoup plus profonde qu'on peut le penser. Il répète à ses interlocuteurs que sa relation est différente de la leur. Et le Père montre tout ce qu'il fait au Fils, ce qui veut dire que le Fils est capable de puiser dans la volonté et les connaissances du Père. Ce qu'il dit là est énorme: Mes connaissances en tant que Fils sont équivalentes à celles du Père. Et tout ce que le Père fait, n'est-ce pas?, je peux le faire. C'est alors que vient le passage où il affirme: ...ce qu'il fait, il étant le Père, il lui montrera, lui étant le Fils, des œuvres plus grandes que celles-ci, afin que vous soyez dans l'étonnement. Et c'est cet étonnement qui établit le lien à l'épisode du sabbat.
Il affirme que, puisque le Père montre au Fils ce qu'il doit faire pendant qu'il est incarné, tout ce que le Fils accomplit est conforme à la volonté du Père. Et il en est ainsi, parce que le Père lui indique ce qu'il doit faire d'après sa perception à lui. Par conséquent, s'il a guéri le paralytique le jour du sabbat, ce n'était pas uniquement par sa volonté, mais également celle du Père.
Poursuivons avec le verset 21:
« 21 Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut. » (Jean 5:21)
Autrement dit, non seulement le Père est la source de vie, mais le Fils est également la source de vie. Il peut donner la vie à qui il veut; Il est donc Dieu. Et ce n'est pas tout. Il ajoute ceci:
« 22 Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils...» (Jean 5:22)
C'est donc le Fils qui sera juge, donc de toute évidence, il est Dieu. On peut voir, ici, une corrélation entre celui qui est la source de vie, au verset 21, et celui qui est le juge du monde. Le fait de juger le monde suppose qu'il ait l'autorité d'accorder la vie éternelle ou pas, ce qui implique aussi la capacité de ressusciter les morts, même ceux qui se trouvent sur terre. Tout ça est donc lié à la vie terrestre, tout comme à la vie éternelle.
« 23 ...afin que tous honorent le Fils comme ils honorent le Père. [Il n'y a pas de différence. En honorant le Père, on honore également le Fils. Le Fils insiste pour dire qu'il est égal au Père dans ces versets.] Celui qui n'honore pas le Fils n'honore pas le Père qui l'a envoyé. » (John 5:23)
Il dit à ses interlocuteurs: Vous qui êtes Juifs, en ce moment précis, vous ne me faites pas honneur. Vous croyez que je suis un homme ordinaire. Ce n'est pas le cas. Je suis Dieu, Je suis égal au Père. Honorez-moi comme vous faites honneur au Père, car un jour, je prendrai place sur le trône du jugement et je vous jugerai; ce sera à moi de décider de vous accorder
la vie éternelle ou pas. Alors, repentez-vous. Acceptez les œuvres que j'accomplis. Acceptez que je guérisse un paralytique le jour du sabbat. Je suis Dieu, Je suis au-dessus du sabbat.
« 24 En vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole, et qui croit à celui qui m'a envoyé, a la vie éternelle [ceci est énorme, reprenons: celui qui écoute ma parole et qui croit en moi ou en celui qui m'a envoyé a la vie éternelle] et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie. » (John 5:24)
Ainsi, le Christ dispose de l'autorité. C'est lui qui donne la vie. Il peut... le pouvoir est entre ses mains de faire passer quelqu'un de la mort à la vie, grâce au simple fait que cette personne a cru en lui et a écouté sa parole. Bien entendu, nous avons déjà mentionné plusieurs fois que le verbe croire implique beaucoup plus qu'une simple croyance au niveau mental. Il ne suffit pas de dire: ah, je crois en toi, donc je suis sauvé. C'est beaucoup plus profond que ça. On le constate dans de nombreux versets et chapitres des Évangiles, dans les Épîtres de Paul, et même dans l'Ancien Testament.
Au chapitre 7 de Matthieu, on peut lire: Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'iront pas tous au ciel. Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! n'iront pas tous au ciel. Le terme Seigneur, dans ce cas-ci, est utilisé en supposant que les gens en question croient en lui. Mais alors, quels sont ceux qui iront au ciel? Ceux qui font la volonté de son Père. Le verbe croire, ici, faut-il le répéter, n'est pas qu'une simple activité. Il dépend aussi du genre de vie que nous menons.
Toujours avec Matthieu, au chapitre 25, la chose est très claire. Dieu, en tant que juge, a devant lui les moutons à sa droite et les chèvres à sa gauche et il dit aux chèvres: Vous n'irez pas au ciel, car lorsque j'étais en prison, vous n'êtes pas venues me voir, et quand j'avais soif, vous ne m'avez pas donné à boire, etc. Et les chèvres lui répondent: Seigneur, quand avons-vous omis de faire ces choses en te voyant? Encore ici, la phrase sous-entend ceci: Seigneur, nous croyons en toi dans notre esprit, alors où avons-nous erré? Autrement dit, si nous t'avions vu et que nous t'avions reconnu comme notre Seigneur, nous aurions fait ces choses pour toi. À son tour, le Seigneur rétorque: Puisque vous n'avez pas fait ces choses pour vos frères et sœurs, vous ne les avez pas faites pour moi non plus. Vous aviez peut-être la foi, mais la foi seule ne suffit pas. Les œuvres connexes à votre foi étaient absentes. Donc, ici encore, nous pouvons constater toute la portée du verbe croire.
« 25 En vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu; et ceux qui l'auront entendue vivront. » (Jean 5:25)
Pour les Juifs, seule la voix de Dieu le Père avait le pouvoir de ressusciter les morts. C'était ainsi qu'ils concevaient la chose. Mais au verset 25, le Christ dit ceci: les morts entendront la voix du Fils de Dieu, donc ils entendront ma voix en tant que Fils de Dieu, et ceux qui l'auront entendue vivront. Il annonce à ses interlocuteurs qu'il est sur le point de ressusciter Lazare d'entre les morts, ce qui est relaté au chapitre 11 de l'Évangile selon saint Jean. Il leur fournit
cet indice d'avance et leur demande de le croire lorsqu'ils entendront sa voix et ses paroles donner l'ordre suivant: Lazare, avance-toi vers nous, et qu'il s'avancera. Il veut qu'ils croient qu'il est la source de vie et que sa voix est égale à celle du Père.
Le verset 26 dit ceci:
« 26 Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui- même. 27 Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est Fils de l'homme. 28 Ne vous étonnez pas de cela; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix, et en sortiront. 29 Ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, mais ceux qui auront fait le mal ressusciteront pour le jugement. » (Jean 5:26-29)
Saint Cyrille et saint Jean Chrysostome en parlent tous deux, précisant que les propos de saint Jean, ici, se rapportent à la résurrection en général. Mais notez bien que le Fils fait allusion au ciel et à l'enfer. Le premier constitue la résurrection à la vie, l'autre, la résurrection du condamné. Les deux sont des résurrections. Il n'est donc pas question de faire disparaître un groupe de gens. Non, les gens ressuscitent dans les deux cas. Chacun implique le corps glorifié et l'âme de la personne, mais l'un obtient la vie, l'autre la mort.
La principale caractéristique qui distingue le ciel et l'enfer, c'est d'être en communion avec Dieu. Pourquoi mentionner ceci? Parce que Dieu est partout. Il est au ciel. Il est sur terre. Il est en enfer. Il est partout. Il n'existe aucun endroit d'où il est absent. Il est partout. Mais la différence réside dans le fait que certaines personnes vivent leur vie comme un paradis terrestre, tandis que d'autres la vivent comme un enfer, ou du moins, elles en ont un avant- goût, n'est-ce pas? Elles diffèrent par la communion qu'elles ont avec leur Créateur. Ainsi, même s'il y a de nombreux aspects du ciel et de l'enfer que nous ne comprenons pas, nous savons que le principal concept ou la principale différence entre eux est liée à notre communion avec Dieu ou à notre absence de communion avec lui. C'est l'idée qui se cache derrière ces versets.
Saint Cyrille exprime une très belle pensée que j'aimerais vous lire. Ça va comme suit:
« Car le Fils unique, qui était un homme par la nature de son corps et qui était vu comme un des nôtres lorsqu'il était encore sur terre en chair et en os, instruisait les Juifs de manière à leur faire comprendre, par toutes sortes de moyens, les questions relatives au salut, et il s'est ainsi couvert de gloire sur deux choses qui convenaient à Dieu... » (Saint Cyrille d'Alexandrie) - [traduction libre]
Ici, comme je l'ai mentionné plus tôt, le Christ comprend la perception que les Juifs ont de lui, c'est-à-dire qu'ils le voient comme un humain, mais malgré cela, toujours en jouant sur leur
perception, il leur parle de sujets en lien avec le salut. Puis, il mentionne deux choses que j'ai mentionnées plus tôt.
«...Car il a clairement affirmé qu'il ressusciterait les morts et qu'il les ferait asseoir devant son trône de juge pour les juger. Mais il était très probable que ceux qui l'écoutaient seraient vexés par ses propos et qu'ils l'accuseraient pour avoir dit que Dieu était son Père et pour s'être proclamé égal à Dieu. Ainsi, en se servant d'un vocabulaire mêlé d'éléments accessibles aux humains et d'autres éléments digne de l'autorité et de la splendeur divine, il a calmé leur colère en s'exprimant de façon plus modeste et douce que nécessaire: Puisque le Père possède la vie en lui-même, il a voulu que le Fils ait, lui aussi, la vie en lui-même. » (Saint Cyrille d'Alexandrie) - [traduction libre]
Bref, encore ici, puisqu'il comprend le point de vue de ses interlocuteurs, il profite de leur perception pour leur parler comme un humain, tout en abordant des sujets liés au salut. C'est alors qu'il leur dit qu'il est la source de vie et qu'ils doivent écouter sa parole, car un jour, ils seront jugés par lui.
Verset 30:
« 30 Je ne puis rien faire de moi-même: selon que j'entends, je juge; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » (Jean 5:30)
Encore ici, nous retrouvons la même idée, à savoir que le Fils n'est pas indépendant du Père. Ils sont tous deux d'accord sur ce qui doit être fait, mais il le dit d'après la perspective de son état incarné. Pourtant, il affirme: Je juge. C'est mon jugement, n'est-ce pas?, et je fais la volonté de mon Père. Autrement dit, je suis capable non seulement de faire, mais je le fais avant tout d'après la volonté de mon Père.
À noter, ici, qu'il dit une chose très importante que, souvent, nous ne réalisons pas: je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. Ainsi, le Père a sa volonté, le Fils a la sienne, et le Saint-Esprit a la sienne également. Il y a trois personnes au sein de ce Dieu unique. Chaque membre a sa propre volonté. Une partie de ce qui définit une personne, c'est qu'elle possède une volonté. Un être sans volonté n'est pas une personne.
Mais bien que le Fils ait sa volonté, elle est toujours la même que celle du Père et que celle du Saint-Esprit, car les trois personnes sont entièrement aimantes, humbles et omniscientes, n'est-ce pas? Elles savent tout. Elles sont partout. Ces trois personnes sont donc animées de la même volonté en tout temps, ce qui ne veut pas dire que leurs volontés distinctes s'annulent entre elles. Non, chacun a sa propre volonté, mais elles sont toujours unanimes, car ce sont trois personnes, et non trois individus.
Un individu est quelqu'un qui cherche à fonctionner par lui-même, indépendamment des autres. Une vie ainsi menée dans l'isolement se poursuit en enfer, là où les gens ne se voient pas les uns les autres et où ils n'ont pas de relations entre eux. Ils demeurent donc indépendants en ce sens. Ils deviennent des individus. Et c'est ce que le monde nous apprend de nos jours.
Mais les Chrétiens ne sont pas de cette nature. Ils ont été créés à l'image de la Sainte Trinité, laquelle renferme trois personnes relationnelles au sein du Dieu unique. Par conséquent, nous devrions être relationnels aussi. Et c'est pourquoi Dieu nous dit:
- Vous devez pardonner, vous devez vous réconcilier, vous devez aimer votre ennemi.
- Mais pourquoi donc, Seigneur? Cette personne m'embête tellement!
- Parce que vous avez été créés à mon image. Vous êtes des êtres relationnels. Vous êtes des personnes, pas des individus. Et bien que votre personne possède sa propre volonté, vous devez vivre en communauté et cette communauté possède une volonté commune.
N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.