Au nom du Père et du Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Je vous souhaite encore une fois la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. Nous examinons présentement le chapitre 17 de l'Évangile selon saint Jean et nous en avons déjà couvert la première moitié. La semaine dernière ou la dernière fois, nous avions commencé par établir que le Christ priait pour les apôtres, pour l'Église, pour quiconque finissait par croire en lui, n'est-ce pas?, puisque dans sa connaissance prémonitoire de prêtre en chef et de médiateur entre les hommes et le Père, c'était ce qu'il faisait. Il priait donc pour ces personnes en particulier. À présent, nous reprenons notre étude à partir du verset 14.


Verset 14:


« 14 Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu'ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » (Jean 17:14)


Tout comme le Christ fut rejeté, tant pour ses gestes que pour son enseignement, ce sera maintenant au tour des apôtres d'être rejetés lorsqu'ils iront de par le monde pour poser les mêmes gestes et enseigner ses préceptes. Par conséquent, les disciples ou apôtres seront persécutés durant leur passage sur terre, n'est-ce pas? Ainsi, il continue sur cette idée au verset 15:


« 15 Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. » (Jean 17:15)


Le monde a tout de même besoin de ces disciples et de ces apôtres, car nous leur convenons ou ils nous conviennent. Par conséquent, au moment même où je vous parle, comme c'est le cas pour l'Église du 21 è siècle dans ce monde ici-bas, nous avons pour mandat d'éclairer le monde, non pas parce que nous sommes mieux que les autres, mais parce c'est par nous que la présence du Christ se fait sentir. C'est la présence mystique du Christ au sein de l'Église. Nous représentons son corps mystique. C'est donc à notre tour de parcourir le monde et de l'éclairer de la présence du Christ lui-même.


En essence ici, le Christ adresse une prière au Père pour lui demander de protéger les disciples de l'emprise du démon, afin qu'ils deviennent ou demeurent forts, qu'ils s'unissent dans l'humilité, devenant ainsi le corps mystique, que le Christ soit parmi eux et qu'ils puissent prêcher sa parole ou évangéliser les peuples jusqu'au bout du monde.


Passons au verset 16:


« 16 Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. 17 Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. 18 Comme tu m'as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. 19 Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu'eux aussi soient sanctifiés par la vérité. » (Jean 17:16-19)


De toute évidence, la nature divine du Christ n'a pas besoin s'être sanctifiée, mais lorsque sa divinité et son humanité sont fusionnées, il guérit sa nature humaine. Puisqu'elle fait partie de son corps à chaque instant du jour, il accorde son salut à cette nature humaine à chaque instant du jour par toutes ses actions, entre autres par l'incarnation, la croix, la résurrection, son Ascension et tout le reste. Il se sanctifie. Il sanctifie sa propre nature humaine, et par ricochet, il sanctifie la nature humaine tout entière qu'il partage avec nous. Ainsi, nous devrions être sanctifiés tout comme le Christ.


En somme, tel qu'il l'a dit durant son Sermon sur la montagne au chapitre 5 de Matthieu, le Christ veut que nous soyons parfaits, tout comme le Père céleste. Et il existe un lien entre les notions de sanctification et de sacrifice. Par exemple, au chapitre 15 du Deutéronome, il parle du premier-né d'un troupeau d'animaux qui doit être sanctifié avant d'être sacrifié, n'est-ce pas? C'est la même idée dont parle saint Paul à Romains 12:1 lorsqu'il dit:


« 1 (...) offrir vos corps comme un sacrifice vivant, saint, [et] agréable à Dieu, ce qui sera de votre part un culte raisonnable. » (Romains 12:1)


Nous devons donc être sanctifiés et par cette sanctification, offrir nos propres vies en sacrifice à Dieu, n'est-ce pas? C'est pourquoi nous suivons les pas du Christ, et ce faisant, nous sommes transformés, ce qui nous permet d'éclairer le monde qui nous entoure. Si vous remarquez bien, la sanctification commence lorsque nous réalisons que nous ne sommes pas de ce monde. C'est pourquoi il est dit: Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde, n'est-ce pas? Cette renonciation constitue la première étape, n'est-ce pas? C'est elle qui nous conduit à cette sanctification ou nous en donne la possibilité ou la capacité ou nous permet d'y accéder, n'est-ce pas?


Juste après, il est dit: Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité, n'est-ce pas? Autrement dit, en menant une vie honnête qui s'inspire d'abord et avant tout des Écritures et de la sainte tradition de l'Église, nous serons capables de nous sanctifier. Et une partie du processus passe par la renonciation, soit le fait de se détacher du monde. La deuxième étape importante, sinon la plus importante, c'est de nous unir à Dieu par le biais de la sainte tradition, des sacrements de l'Église et des Écritures, lesquelles sont une partie intégrante de cette tradition.


Verset 20:


« 20 Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole [Le Christ prie pour tous les membres de l'Église à travers les générations], 21 afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé. » (John 17:21-21)


Entre les personnes de la Sainte Trinité règne un amour incroyable, éternel, inconditionnel. Et cet amour les unit, n'est-ce pas? Et si l'Église vit ainsi, le monde reconnaîtra que ces personnes sont des envoyés de Dieu. Malheureusement, l'Église se situe à l'intersection de l'humanité et de la divinité, et sa composante humaine, encore aujourd'hui, est parfois très faible. Nous sommes tous humains. Nous sommes portés à faire des erreurs. Nous faisons parfois obstacle aux autres.


Mais nous sommes capables de nous repentir et de demander pardon. Et nous nous efforçons de faire le bien. Et c'est dans nos luttes que nous nous unissons. Comme chrétiens, il faut toujours nous rappeler de ceci. Est-ce normal que nos opinions divergent? Bien sûr que oui. Il y a des divergences même au sein de la Trinité. Mais c'est notre humilité et notre capacité à dire je suis désolé, à nous excuser, qui fait notre force, n'est-ce pas? Vous savez, nous ne sommes pas parfaits. Même les saints ne sont pas parfaits, n'est-ce pas?


Mais nous sommes capables, par notre humilité, de dire metánia ou μετάνοια: j'ai changé d'idée; veuillez me pardonner. Et ce faisant, nous devenons capables de demeurer unis. Cette façon de penser se voit dans la conception du sacrement de mariage, alors que le mari et la femme sont destinés à ne faire qu'un, à l'image de la Sainte Trinité. Ils ne sont pas faits pour rester chacun de leur côté. Ils sont faits... nous sommes faits pour nous faire humbles dans le mariage et pour nous aimer l'un et l'autre, sans conditions. Ainsi, lorsque nous suivons ce parcours, nous ne faisons qu'un et nous devenons comme une image de la Sainte Trinité.


C'est notre raison d'être en tant que Chrétien. Il n'y a rien de plus difficile, mais en le faisant, nous découvrons la véritable beauté et nous réalisons que Dieu brille en nous. Ainsi, le monde peut le voir et se dire: Attendez un peu, ces personnes-là sont différentes, n'est-ce pas? Et c'est une des façons qui nous permettent d'éclairer le monde.


Verset 22:


« 22 Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée, afin qu'ils soient un comme nous sommes un, - » (Jean 17:22)


Saint Cyrille, le pilier de la foi, dit que cette gloire dont il est question ici nous est donnée lorsque nous sommes unis au Père, ce qui est rendu possible par le Fils, comme nous allons le voir à l'instant. Mais cette gloire est un partage des attributs divins du Père, lequel en est la


source, le αρχή (archí), n'est-ce pas? Et le Père a donné ces attributs, mais pas seulement ces attributs.


Quant au Fils, il lui a donné la même nature divine avant le début des temps, n'est-ce pas?, depuis le commencement de la création, avant même que le temps démarre, n'est-ce pas? Et maintenant, le Fils possède ses attributs. Il possède la nature et les attributs. Mais les attributs nous sont donnés, n'est-ce pas?, mais de toute évidence, ceci ne comprend pas la nature divine, mais nous recevons les attributs lorsque nous ne faisons qu'un avec le Père par l'entremise du Fils.


Donc, il dit... Il poursuit en disant afin qu'ils soient un comme nous sommes un. Tout comme il y a de l'amour entre le Père et le Fils qui partagent ces attributs, il y a de l'amour en nous, les humains, n'est-ce pas?, et nous devenons unis. Puis il dit... il développe son idée en expliquant comment c'est possible:


« 23 moi en eux, et toi en moi... » (Jean 17:23)


Le Fils étant un homme à part entière et pleinement divin à la fois, il peut nous ramener vers le Père et nous réconcilier à lui, n'est-ce pas? Alors, il dit:


« 23 moi en eux [c'est-à-dire moi et la nature humaine que j'ai en commun avec eux], et toi en moi [c'est-à-dire la nature divine que nous avons en commun toi et moi, n'est-ce pas?]... » (Jean 17:23)


Le Christ, par sa personne, devient un moyen de réconciliation entre l'humanité et la divinité, n'est-ce pas?


« 23 (...) afin qu'ils soient parfaitement un [nous sommes capables de partager cet amour grâce à cette κοινωνία (kinonía), cette communion], et que le monde connaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. » (Jean 17:23)


L'idée qui veut que Dieu le Père nous aime comme il a aimé le Fils est liée à notre communion, notre union, notre kinonía avec la Trinité, laquelle est rendue possible par la personne du Jésus-Christ. Dans ce cas-ci, le mot amour n'a pas la même signification que celle que nous lui donnons de nos jours. Saint Cyrille commente ces versets de la façon suivante:


« Le Fils habite en nous en tant qu'homme au sens corporel, combiné et uni à nous par le mystère de l'Eucharistie. Il l'est également au sens spirituel en tant que Dieu, par l'intervention concrète et la grâce de son esprit même, donnant un nouvel élan de vie à notre esprit et nous faisant participer à sa nature divine...» (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean 17) - [traduction libre]


L'expression participer à sa nature divine signifie être à la ressemblance de Dieu ou en essence, θέωσις (théosis), c'est-à-dire prendre part aux attributs de Dieu, n'est-ce pas? Ainsi, en disant sa nature divine, il sous-entend que lui, Dieu le Père, le Dieu trinitaire, partage ses attributs avec nous, ses attributs divins. Nous devenons ainsi semblables à lui, comme lui.


Verset 24:


« 24 Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde. » (Jean 17:24)


Nous voyons clairement, ici, le profond amour du Christ envers ses disciples, n'est-ce pas?, et combien il souhaite leur présence auprès de lui, même dans la dimension spirituelle, n'est- ce pas? C'est ce que ce verset nous montre. Et lorsqu'ils le verront dans cette dimension spirituelle, ils pourront voir la gloire que le Père lui a rendue depuis que le monde est monde. Ils le verront d'une façon très différente. Il ne sera plus limité par sa nature humaine.


Le Fils de Dieu est Dieu lui-même, nul doute là-dessus. Il possède sa nature divine. De nombreux versets de l'Évangile selon saint Jean sont extrêmement clairs à ce sujet, n'est-ce pas? Et le Père lui a donné cette nature divine même avant la création du monde, avant le Big Bang, avant que le temps lui-même n'existe. Il est le Fils éternel du Père.


Verset 25:


« 25 Père juste, le monde ne t'a point connu; mais moi je t'ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m'as envoyé. [rien à ajouter, c'est très clair] 26 Je leur ai fait connaître ton nom... » (Jean 17:25-26)


Je leur ai révélé ton identité, ton pouvoir, n'est-ce pas? Et c'est par ce nom, ce pouvoir, cette identité que les disciples pourront continuer de faire des miracles dans les Actes des apôtres; au nom du Christ, n'est-ce pas? C'est donc un nom puissant, puisqu'il porte l'identité de Dieu.


« 26 Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître... » (John 17:26)


Car au moment où l'on parle ici, la croix et la résurrection n'ont pas encore eu lieu, donc le pouvoir associé à ces événements est à venir. Et répétons-le: la croix n'est pas un symbole de faiblesse. C'est tout à fait l'inverse. Le fait d'être crucifié pour les autres est un geste extrêmement percutant. Et que le Christ, dans ses prières au Père, lui demande de pardonner ceux qui l'ont crucifié, voilà un geste qui dépasse tout entendement, n'est-ce pas? La croix n'est donc pas une faiblesse. Lorsque les chrétiens sont invités à accompagner le Christ dans la crucifixion, ce n'est pas un signe de faiblesse. Ils posent ainsi un geste qui dépasse leur nature, ici sur terre, par la présence de Dieu qui vit en eux.


« 26 (...) et je le leur ferai connaître, afin que l'amour dont tu m'as aimé soit en eux, et que je sois en eux. » (Jean 17:26)


Ainsi, cette incarnation de l'amour se produit sur la croix et reflète l'amour qui règne au sein de la Trinité. Et par conséquent, cet amour se reflètera en nous et jusqu'au bout du monde, jusqu'à la fin des temps.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.