Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Mes bien chers frères, bienvenue à la troisième partie du troisième volet de notre analyse détaillée de la façon dont saint Cyrille d'Alexandrie conçoit la Sainte Eucharistie. Si vous nous avez suivis durant ce troisième volet, nous avons commencé par parler de la christologie de saint Cyrille. Nous nous sommes demandé Qui est Jésus-Christ? Puis, nous avons poursuivi notre analyse en cherchant à comprendre comment le corps du Seigneur Jésus-Christ pouvait être celui du Verbe incarné, et non celui d'un autre.


À présent, nous en arrivons à une importante réalisation... Si d'une part, ce corps est le sien et qu'il renferme tous ses attributs, et que d'autre part, nous croyons que l'Eucharistie est le corps du Seigneur Jésus, alors nous pouvons pleinement comprendre que le corps qui se trouve sur l'autel et qui fait l'objet de l'offrande eucharistique contient les attributs du Verbe de Dieu incarné. Allons examiner cela ensemble.


Saint Cyrille poursuit son argumentation en apportant encore plus de clarifications. Il établit un lien direct entre la christologie et l'eucharistie, de manière à contrer Nestorius. Saint Cyrille lui écrit donc: Ta christologie fait fausse route. Nestorius lui répond: Désolé, mais c'est toi qui as tort, pas moi. Puis, saint Cyrille lui répond en lui fournissant encore plus de preuves... Et parmi les preuves qu'il lui sert pour tenter de le désarçonner, de l'éduquer et de l'éclairer, il lui parle de l'Eucharistie, sous forme d'exemple. Écoutez bien ce qui suit. C'est tiré de la Lettre 17 parmi l'ensemble des correspondances que saint Cyrille a échangées directement avec Nestorius. On y lit ceci:


« ...nous célébrons le sacrifice non sanglant dans les églises... [le sacrifice non sanglant: c'est le même vocabulaire que l'on retrouve dans la liturgie de saint Cyrille, liturgie qui, à l'origine, fut écrite par saint Marc] nous célébrons le sacrifice non sanglant dans les églises, et ainsi, nous accédons aux bénédictions spirituelles et nous devenons sacrés, prenant part au corps sacré et au précieux sang du Christ, notre Sauveur à tous. Et nous le faisons, non pas parce nous recevons un corps ordinaire [nous ne recevons pas seulement le corps d'un autre], loin de là, ni le corps d'un homme sanctifié et lié au Verbe en toute dignité, ni même du fait que nous aurions été profondément habités par la divinité, mais parce que nous recevons le véritable don de vie, le corps du Verbe lui- même. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 17, à Nestorius) - [traduction libre]


Nous recevons le véritable don de vie, le corps du Verbe lui-même, le Logos. Et j'aimerais attirer votre attention sur la manière dont il s'exprime en disant que nous ne recevons pas un corps ordinaire... il le dit juste ici... pas un corps ordinaire, ni le corps d'un homme sanctifié,


ni celui d'un homme lié au Verbe, non! Aucune de tes idées ne tiennent la route, Nestorius. C'est vraiment de son corps dont il est question, pas de celui d'un autre, mais véritablement le don de vie, soit le corps du Verbe lui-même. Voilà ce que nous recevons sur l'autel, dit saint Cyrille. Et que veut-il prouver en servant cet argument à Nestorius? Il veut lui prouver que dans la personne de Jésus-Christ règne une parfaite union de la divinité et de l'humanité.


Saint Cyrille ne s'arrête pas là. Il continue d'éduquer Nestorius en disant:


« Car puisqu'il est la vie selon sa nature de Dieu, en s'unissant à son propre corps, il l'a proclamé le don de vie. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 17, à Nestorius) - [traduction libre]


Voyez-vous ce que saint Cyrille lui sert comme argument? Il affirme qu'étant donné que le Verbe de Dieu lui-même est la vie... et il l'a dit lui-même: Je suis le chemin, la vérité et la vie... donc puisqu'il est la vie de par sa nature, il proclame que son corps donne la vie. Ceci est un attribut de sa nature divine et maintenant qu'il a fait de ce corps le sien (qu'il s'y est joint), ce corps possède maintenant le même attribut: il est la vie et ce corps peut maintenant donner la vie.


« C'est pourquoi, même s'il nous dit: « Je vous le dis: qu'il en soit ainsi, à moins que vous ne mangiez de la chair du Fils de l'homme et que vous buviez de son sang », nous ne pouvons pas conclure que son corps est pareil à celui d'un homme comme nous, (en effet, comment le corps d'un homme, de par sa nature, pourrait-il donner la vie?) mais qu'il est vraiment le corps même du Fils, lequel s'est fait homme et fut appelé homme pour nous. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 17, à Nestorius) - [traduction libre]


Comme c'est son corps, nous le voyons de la même façon que nous verrions le corps que le Seigneur Jésus-Christ a adopté. Ainsi, mes frères, nous croyons vraiment que la nature divine ne se sépare pas une seule seconde de la nature humaine, ni même le temps d'un clin d'œil, ce qui signifie que le corps que nous voyons sur l'autel, cette offrande faite sous forme de pain, d'eau et de vin, c'est son corps à lui. Nous y participons en lui.


À présent, saint Cyrille écrit à un évêque du nom de Calosirius et il lui dit: Il y a des gens parmi vous qui causent des problèmes et qui disent des choses vraiment bêtes. Parmi ces choses que les gens disaient à l'époque, on entendait dire que...


Il faut comprendre qu'à cette époque, l'Église célébrait ce qu'on appelait la liturgie pré- consacrée. C'était une forme de liturgie que l'Église avait l'habitude de célébrer à Alexandrie, à ses débuts, et on la célèbre encore aujourd'hui dans certaines églises orthodoxes. On priait alors en faisant offrande, puis on conservait une partie de l'Eucharistie pour plus tard. Ceci permettait d'avoir des célébrations plus courtes, puisqu'on n'avait pas à célébrer la liturgie au complet, à la consacrer et y faire toutes les prières qui s'imposent. On se servait de l'Eucharistie


qu'on avait mise de côté et sécurisée depuis un certain temps et on la redistribuait aux gens qui voulaient venir communier. C'était ça la liturgie pré-consacrée.


Ainsi, les gens protestaient et disaient: non, non, non, si on la conserve plus d'un jour, elle perd son effet; elle perd de sa force. Et saint Cyrille trouvait que c'était des sottises: Comment ça elle perd de sa force? Comment pouvez-vous dire que l'Eucharistie perd de sa capacité à donner la vie, qu'elle perd sa puissance étant unie au divin, à la divinité du Seigneur Jésus- Christ? Si ça n'est jamais arrivé au Christ lui-même, ça n'arrivera pas à l'Eucharistie. Avez- vous remarqué comme il relie les deux natures? Écoutez ce qu'il dit:


« J'entends dire que les éléments consacrés du sacrement [de l'Eucharistie] perdent de leur sainte efficacité si une portion de celle-ci est conservée pour plus tard. Il faut être fou pour dire une chose pareille. Le Christ n'est pas altéré et son corps sacré ne changera pas; non, la puissance du sacrement, sa grâce vivifiante, y réside en permanence. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettres choisies, Lettre à Calosirius) - [traduction libre]


Ce pouvoir qui fut donné à son corps ne pourra jamais lui être retiré. Ainsi, les personnes qui disent qu'il perd de son efficacité parce qu'il y passe la nuit... et je pense qu'ils comparent la situation à la μάννα (manna). Vous savez, dans l'Ancien Testament, au temps de Moïse, le Seigneur avait ordonné au peuple d'Israël de ne pas garder la manne pour plus tard, car elle se gâterait, deviendrait impropre à la consommation et il faudrait la jeter: il fallait la manger au plus tard le lendemain. Pourtant ici, saint Cyrille dit que c'est de la folie, que ce sont des sottises: le Christ n'est pas altéré et son corps sacré ne changera pas, puisque le pouvoir qui y règne est là en permanence.


Mes frères, voilà un très beau témoignage de notre foi en ce qui a trait au corps et au sang du Seigneur Jésus-Christ. Il renferme véritablement le pouvoir, les éléments divins, les caractéristiques, les attributs du Verbe de Dieu, le Logos issu du Père avant la nuit des temps.


De toute évidence, Notre-Seigneur Jésus-Christ est le pain de vie qui donne la vie au monde entier. Dans son commentaire sur l'Évangile selon saint Jean, saint Cyrille explique que ce pain nous est offert, à vous et moi. De la même façon qu'il permet d'unir sa nature divine et sa nature humaine, il a maintenant le pouvoir de nous unir au Seigneur Jésus-Christ. Il dit donc ceci:


« Comme le Sauveur le dit: « Inutile de travailler pour de la nourriture qui se gâte. » (...) Le pain spirituel renforce le cœur et conserve la personne pour la vie éternelle. Le Christ lui-même promet qu'il nous donnera de ce pain quand il dit: « que le Fils de l'homme vous donnera », en soudant ce qui est humain à ce qui convient à Dieu et en liant tout le mystère de l'administration divine à la chair du monde. Il fournit également un indice, en quelque sorte, de la nourriture mystique et plus spirituelle par laquelle il


nous est donné de vivre, consacrés de corps et âme. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Quand le Seigneur a dit qu'il nous donnerait de ce pain de vie, il parlait de son propre corps; il parlait de sa propre chair. Et ceci nous est révélé lors de cette dernière Cène mystique, alors que le Seigneur se tourne vers ses disciples et qu'il leur dit: prenez, mangez-en tous, car ceci est mon corps... car ceci est mon sang... c'est l'alliance...; c'est ici que tout se renouvelle; c'est ainsi que la vie vous habitera pour toujours; c'est ainsi que vous vous rappellerez de moi. Et ici, le verbe se rappeler ne signifie pas seulement de le garder en mémoire; c'est ainsi que nous le gardons vivant; c'est ainsi qu'il est toujours présent en nous. Saint Cyrille pousse plus loin son idée et affirme que ce corps est rempli des actions et des pouvoirs divins du Seigneur Jésus-Christ. Ça va comme suit:


« Le corps sacré du Christ donne donc la vie à ceux qu'il habite et les garde incorruptibles tant qu'il est uni à leur [corps] [lorsqu'il s'installe en nous et se fusionne à nous, nous obtenons les mêmes attributs que lui]. Après tout, on comprend qu'un corps qui est de nature à donner la vie ne puisse être que son corps à lui. Il est, pour ainsi dire, doté des qualités du Verbe, ou disons plutôt qu'il est rempli des actions par lesquelles toute chose reçoit la vie et est maintenue en vie. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, Volume 1) - [traduction libre]


Mes frères, on ne saurait être plus clair. Il est nettement évident pour nous tous que saint Cyrille croit que ce corps appartient à celui qui est la vie de par sa nature, que ce corps est rempli de la puissance du Verbe de Dieu; qu'il est rempli de la puissance du Logos; que ce sont les qualités du Verbe qui se trouvent dans cette offrande eucharistique que nous avons devant nous.


Ainsi, nous l'avons vu et c'est bien clair, la christologie de saint Cyrille (sa façon de définir le Christ) a des répercussions sur notre perception de ce qui constitue le mystère, la beauté et la puissance de l'Eucharistie. Sa manière de voir Jésus-Christ vient également transformer sa manière de concevoir l'essence de l'Eucharistie, car pour lui, cette dernière est le corps même du Verbe de Dieu incarné.


Mes bien chers frères, voilà ce que nous devions expliquer avant de passer aux prochaines étapes. Maintenant que nous comprenons comment saint Cyrille envisage l'Eucharistie, nous allons nous attarder à son explication du mécanisme par lequel l'Eucharistie nous tire de la corruption et nous ramène à un état incorruptible; ce sera le sujet de notre prochaine présentation. Nous tenterons de comprendre un peu mieux ce qu'on entend par corruption et état incorruptible. Puis, nous verrons comment l'Eucharistie elle-même nous offre cet état d'incorruptibilité.


D'ici là, mes frères, je prierai pour votre sécurité. Gardez-moi dans vos prières. Gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.


Merci d'avoir regardé cette vidéo. Ne manquez pas de regarder nos vidéos précédentes en visitant et en vous abonnant à notre chaîne. Si cette vidéo vous a été bénéfique, partagez-la avec vos ami(e)s.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.