Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Mes bien chers frères, soyez les bienvenus à cette deuxième partie du troisième volet de notre analyse détaillée qui a pour but de comprendre l'Eucharistie d'après la pensée de notre père parmi les saints, saint Cyrille d'Alexandrie. Si vous avez porté attention à la première partie de la présentation 3, nous avons parlé de la christologie de saint Cyrille et la raison qui nous a poussés à le faire, soit de nous demander comment il conçoit Jésus-Christ, c'est qu'il croit que, sur le plan théologique, le Seigneur Jésus-Christ incarné est étroitement lié à l'Eucharistie.
Alors, maintenant que nous comprenons qui est Jésus-Christ selon saint Cyrille, nous allons examiner pourquoi il pense que le corps du Seigneur Jésus est le corps même du Verbe incarné. Autrement dit, tous les attributs du Verbe incarné se retrouvent aussi dans son corps charnel. Allons voir ensemble comment ceci peut cadrer avec notre discussion.
En poursuivant son argumentation, que nous dit saint Cyrille? Que nous devons croire au fait qu'il est vraiment le corps du Verbe de Dieu incarné qu'il a choisi et qu'il a fait sien. Et en y croyant, il nous dit: Bien sûr, vous pourrez appeler la Θεοτόκος (Theotokos) Mère de Dieu; vous n'avez pas à l'appeler seulement la Mère du Christ. Et souvenez-vous que l'hérésie de Nestorius repose sur les propos suivants: On ne peut pas dire que Sainte Marie est la Mère de Dieu, car elle n'a pas donné naissance à la divinité. On peut l'appeler Χριστοτόκος (Christotokos), mais pas Theotokos. Le mot Christotokos ici signifie qu'elle est la Mère du Christ, celui qui fut choisi, l'oint, mais on ne peut l'appeler Mère de Dieu. Et Nestorius dit: car il faut être fou pour penser que Dieu pourrait se limiter au petit ventre d'une adolescente, qu'il puisse se présenter sous forme d'un petit enfant sans défense, que la divinité aurait besoin d'attention comme dans le cas d'une mère qui veut nourrir son enfant. Il était incapable de comprendre le mystère et la beauté de l'incarnation, alors il disait: Non, elle a donné naissance à cet homme, Jésus, et le divin a fait son œuvre en lui par après. Mais saint Cyrille s'y oppose et dit que ce ne fut pas le cas. Il répond donc ceci:
« Comparée à elles, la Sainte Vierge, à elle seule... [et ici, il est en train de la comparer à toutes les autres mères qui donnent naissance à des êtres humains ordinaires] - [donc il dit:] « Comparée à elles, la Sainte Vierge, à elle seule, est considérée comme étant la Mère du Christ et la Mère de Dieu, et les deux noms s'appliquent. Car elle a porté non pas un simple humain comme nous, mais le Verbe de Dieu le Père qui s'est fait chair et qui est devenu homme. » (Saint Cyrille d'Alexandria, Lettre 1) - [traduction libre]
Lorsque l'Esprit Saint descendit sur la Sainte Vierge Marie, ce fut le Verbe de Dieu en personne qui fut conçu dans son ventre, qui s'est abaissé et qui a voulu habiter en elle pour nous. Ainsi, c'est vraiment le Verbe de Dieu le Père qu'elle a porté en chair et en os pour nous et qu'elle a mis au monde. Elle n'a pas enfanté un homme ordinaire qui est devenu Jésus-Christ plus tard. Non! C'était véritablement le Verbe de Dieu qu'elle portait. Et pourquoi saint Cyrille défend-il cette idée? En quoi est-ce pertinent à notre conversation? Parce qu'il est important de comprendre jusqu'où le Seigneur est allé en s'incarnant dans ce corps; ce corps est devenu le sien; il l'a uni à lui et il participe donc à tout ce qu'il est. Et puisque ce corps est à lui, il possède tous ses attributs, soit ceux du Verbe de Dieu le Père.
Saint Cyrille poursuit sa conversation et dit: Il faut comprendre qu'on ne peut pas parler du Seigneur comme s'il était à part; on ne peut pas parler de lui comme s'il était divisé; il ne fait qu'un. Et lorsqu'il parle de cette unité qui caractérise la personne du Seigneur Jésus-Christ, il ne voit aucun problème à affirmer qu'il est véritablement divin et humain. Les deux natures le définissent. Mais en ce qui concerne la personne elle-même, le Seigneur Jésus-Christ ne fait qu'un. C'est extrêmement important. Voici ce qu'il dit:
« Et il faut être extrêmement bête pour affirmer que la mère de quelqu'un est la mère de son corps, mais pas de celui qui apporte une nouvelle âme dans ce monde. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]
Quelle idée défend-il ici? Il dit que certains adeptes de l'hérésie de Nestorius affirmaient qu'elle ne donnait naissance qu'à un corps et que la divinité était apparue plus tard. Alors saint Cyrille leur répond: Est-ce c'est ce qu'on dit des mères d'aujourd'hui? Dit-on qu'elles ne donnent naissance qu'à la chair et aux os et que Dieu y ajoute une âme plus tard? Non! Car l'âme et l'être qui se forment au sein d'une mère ne font qu'un dès la conception. L'âme est déjà là au moment de la conception. Les mères d'aujourd'hui ne sont pas seulement les mères d'un amas de cellules qui constituent la chair et le sang, non! Elles engendrent des personnes que l'on qualifie de psychosomatiques, âme et corps: υστή (psyhí), c'est l'âme, et σώμα (sóma), c'est le corps. L'être humain résulte de l'union de ces deux composantes. Ce serait donc ridicule de penser comme les Nestoriens et de croire que Marie fut seulement la mère d'un corps dont la divinité serait arrivée plus tard. Non! Et que nous dit ensuite saint Cyrille?
« Car comme je le disais, un être vivant naît parfaitement composé d'éléments différents, de deux éléments en fait, mais il en résulte un seul homme [l'homme a deux composantes: l'âme et le corps, et le Seigneur Jésus-Christ a deux natures: le divin et l'humain], chaque élément demeurant ce qu'il est, combinés en un seul être où ils communiquent ensemble pour y apporter chacun leur essence. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]
Au sein du Seigneur Jésus-Christ se trouve sa nature divine et sa nature humaine, mais elles ne peuvent être séparées; elles ne peuvent être séparées. C'est d'ailleurs ce que l'on dit
dans la confession et dans chaque liturgie, n'est-ce pas? Sans hésitation, sans confusion, sans retouche, c'est ce que nous croyons. Nous affirmons également que sa divinité et son humanité ne se sont jamais séparées, ne serait-ce que pour un instant, pas même le temps d'un clin d'œil. Elles ont toujours fait un. C'est ce que nous enseigne saint Cyrille d'Alexandrie par sa christologie qui s'oppose à l'hérésie de Nestorius. Nous allons voir à quel point il est important de comprendre sa christologie si l'on veut comprendre la théologie eucharistique.
Sur ce, saint Cyrille poursuit en affirmant qu'il n'existe qu'un seul Christ et Seigneur Jésus. Il s'exprime ainsi:
« Mais plutôt, par l'unification du Verbe issu de Dieu et de l'homme parfaitement né de la Sainte Vierge, nous allons vénérer un seul Christ et Seigneur, Jésus,... » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]
Pas question de vénérer seulement sa nature divine et de négliger sa dimension humaine, en prétendant qu'elle aurait appartenu à quelqu'un d'autre et qu'il l'aurait seulement empruntée. Sa nature humaine n'était pas seulement un outil qu'il a emprunté d'un autre humain. Non! Nous vénérons le seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique du Père, qui fut incarné pour notre salut. Il est devenu un être humain et il a fait de ce corps le sien, en s'y unissant de façon surnaturelle.
«...sans qu'il doive compromettre sa nature divine dû à sa chair, ni qu'il soit réduit à sa simple nature humaine parce qu'il nous ressemble. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]
Sa nature est identique à celle du Père et identique à celle de l'homme. Le Seigneur Jésus- Christ nous est donc révélé, à vous et moi, par cette union surnaturelle de son humanité et de sa divinité. Et saint Cyrille ajoute ceci:
« Le Verbe de Dieu s'est donc transmis depuis Abraham et « a conservé de lui le sang et la chair en commun » faisant sien le corps que portait une femme, de sorte qu'en étant Dieu et homme à la fois, nous puissions le connaître grâce à cette union... » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]
En s'unissant à la même chair que la nôtre, en devenant ce que nous sommes, il se révèle à nous. Par le mystère de l'incarnation, il est capable de se révéler à nous en nous réconciliant avec Dieu.
« [Et] par conséquent, il faut reconnaître que l'enfant Emmanuel [dit-il] possède une double entité [il a deux natures], l'une divine et l'autre humaine. Il n'existe cependant qu'un seul Seigneur Jésus-Christ et un seul Fils en vérité, à la fois Dieu et homme. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]
Nous ne nierons jamais que le Seigneur Jésus-Christ soit parfaitement Dieu et parfaitement humain; qu'il possède deux natures: la divinité et l'humanité. Mais il n'y a qu'un seul Seigneur Jésus-Christ, toujours indivisible, ce qui veut dire que lorsque nous contemplons le corps du Seigneur Jésus-Christ préparé devant nous sur l'autel eucharistique, ce n'est pas seulement un corps vide que nous voyons; ce n'est pas qu'un réceptacle; ce n'est pas une chose qu'il a prise comme un manteau qu'il aurait porté et qu'il aurait ensuite enlevé. Non! Ce que nous contemplons, c'est le corps même qui s'est uni à la divinité; c'est le corps du Seigneur Jésus- Christ, Fils de Dieu.
Alors, mes frères, ce qu'on voit ici... ce qu'on voit ici, c'est saint Cyrille qui défend l'idée que ce corps est le corps même du Verbe de Dieu. Si nous croyons que ce corps est celui du Seigneur Jésus-Christ, nous comprendrons que ses pouvoirs sont présents dans ce corps. Et que dit ensuite saint Cyrille?
« À ce point-ci, c'est l'évidence même et c'est un fait reconnu, puisque l'union dont il est question prouve que le Fils de Dieu est Emmanuel, né de la Sainte Vierge. Car le corps qu'elle a enfanté n'était pas celui de quelqu'un tel que nous, mais plutôt le corps du Verbe lui-même, issu du Père. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Lettre 1) - [traduction libre]
Ceci dit, j'aimerais que l'on comprenne ce que cela signifie. Nous devrions expliquer à nos enfants que lorsqu'ils prennent part au corps et au sang, cette offrande eucharistique, ce mystère des mystères, que reçoivent-ils? Ils reçoivent le Verbe éternel de Dieu de la part du Père. Le Verbe de Dieu, issu du Père avant la nuit des temps, est présent sur cet autel. C'est véritablement Emmanuel, Dieu qui est avec nous. C'est donc le Seigneur même, le Créateur de l'univers, la sagesse du Père, le Verbe de Dieu incarné; c'est lui qui est là et qui nous est donné. Ce même Seigneur Jésus-Christ qui a ressuscité Lazare d'entre les morts est présent. Ce même Seigneur Jésus-Christ qui a rendu la vue à l'aveugle est présent. Ce même Seigneur Jésus-Christ qui est ressuscité et qui a vaincu la mort par sa propre mort est présent. C'est tout à fait lui. Il ne s'agit pas de théâtre, ni de symbolisme; c'est lui qui est présent. Voilà le mystère de l'Eucharistie, d'après la pensée de saint Cyrille.
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