Au nom du Père et du Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Je vous souhaite la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes. Nous avons déjà vu que le Christ se présentait continuellement comme étant égal à Dieu et qu'il guérissait durant le sabbat. Les pharisiens voulaient donc sa mort. Ils ont même dépêché les gardes du temple pour le faire arrêter, mais les gardes eux-mêmes avaient été touchés en entendant sa parole et croyaient qu'il pouvait être le Messie.


Nous sommes maintenant sur le point d'aborder le chapitre 8 de l'Évangile selon saint Jean dont le narratif poursuit sur cette lancée. En effet, saint Jean, le bien-aimé, nous rapporte un nouvel incident qui continue d'alimenter la tension qui existe déjà entre le Christ et les pharisiens: l'incident de la femme adultère. Nous allons examiner ce qui s'est passé sous un angle totalement différent. Je vous encourage donc à rester avec nous jusqu'à la fin.


Dans ce chapitre, le Christ insiste une fois de plus pour démontrer qu'il est vraiment le Messie, mais les pharisiens continuent de le rejeter, tandis que les gardes du temple hésitent toujours. Allons voir ce que ça donne.


« 1 Jésus se rendit à la montagne des oliviers. 2 Mais, dès le matin, il alla de nouveau dans le temple, et tout le peuple vint à lui. S'étant assis, il [leur] enseignait. 3 Alors les scribes et les pharisiens amenèrent une femme surprise en adultère; 4 et, la plaçant au milieu du peuple, ils dirent à Jésus: Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. 5 Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? » (Jean 8:1-5)


Bien entendu, ceci était un test, et ce, pour plusieurs raisons. Tout d'abord, la femme a été prise en flagrant délit d'adultère. C'est donc dire que l'homme a été pris aussi. Mais où est-il? Ils ne l'ont pas amené. Pourtant, la loi condamne les deux partenaires. Dans ce cas-ci, il est possible que les pharisiens aient convenu avec l'homme de tendre un piège à la femme, qu'elle soit mariée ou prostituée.


Ensuite, l'incident s'est produit à la fin d'une fête. Ce n'était pas le bon moment pour juger qui que ce soit. Idéalement, ils auraient dû placer la femme en détention, afin qu'elle soit jugée à un moment plus opportun.


Troisièmement, les pharisiens n'étaient pas des fanatiques de Jésus. Alors, pourquoi lui auraient-ils demandé son avis sur ce qu'il fallait faire? Surtout que l'Ancien Testament était très clair: la femme devait être lapidée. Alors, pourquoi l'avoir amenée au Christ?


Dans le contexte, il devient évident que c'était un test. Si le Christ leur disait pardonnez-lui, ce serait contrevenir publiquement à la loi de l'Ancien Testament, ce qui serait un problème, puisque les gens cesseraient de le suivre. Et s'il leur disait lapidez-la, ce serait leur demander de commettre un meurtre.


Les pharisiens savaient très bien qu'étant sous occupation romaine, ils n'avaient pas le droit de tuer sans la permission de Rome. En effet, à cette époque de l'histoire, la lapidation ne faisait pas partie des pouvoirs qui leur étaient conférés. C'était hors de leur contrôle, même si c'était une disposition de la loi. Ils ont donc placé le Christ dans l'eau chaude et il devait traiter cette affaire.


Au verset 5, on constate qu'ils voulaient vraiment lui mettre la pression, car ils cherchaient à l'opposer à Moïse, comme nous l'avons mentionné. Voici ce que le verset nous raconte:


« 5 Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes: toi donc, que dis-tu? » (Jean 8:5)


Vas-tu enfreindre la loi de Moïse? Vas-tu aller à l'encontre de cette loi? C'est clair, ils voulaient vraiment le piéger. Et la lapidation était un type de peine tout à fait conforme à l'Ancien Testament. Pourquoi... en fait, je ne veux pas discuter de ça maintenant; ce n'est pas le temps pour ça: nous étudions la Bible. Mais je vous invite à consulter la série intitulée La violence dans l'Ancien Testament que nous avons produite. Elle comporte environ 9 vidéos, je crois, et on y explique le concept de violence et le contexte dans lequel les gens vivaient à l'époque. Avec ceci en tête, vous comprenez que la lapidation était une peine courante à cette époque.


Et le Christ s'abaissait ou Dieu s'abaissait au niveau de l'homme, ce barbare historique. Et puisque Dieu traitait avec eux, il le faisait à leur façon. Au bout du compte, Dieu abordait les humains non pas comme il l'aurait souhaité, mais en tenant compte de leur manière d'être à ce moment-là.


Verset 6:


« 6 Ils disaient cela pour l'éprouver, afin de pouvoir l'accuser. Mais Jésus, s'étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre. » (Jean 8:6)


Le Christ n'apprécie pas l'attitude les pharisiens à vouloir appliquer les lois de l'Ancien Testament au sens strict sans faire preuve de la moindre compassion. Ainsi, en guise de


protestation, il s'assoit et se met à écrire sur le sol. Il leur faire voir qu'il n'est pas content de ce qui se passe.


À ce propos, plusieurs ont tenté de deviner ce que le Christ écrivait. En étudiant les prophètes de l'Ancien Testament, ils ont tenté de faire un rapprochement entre eux et ce verset du chapitre 8 de Jean et ont pu en tirer certaines conclusions. Je ne discuterai pas de ces conclusions ici, mais sachez que ces renseignements existent, si toutefois vous avez envie d'en faire la recherche.


En revanche, j'aimerais vous partager un message spirituel. Le Christ nous demande de ne pas juger, précisant que si nous nous permettons de juger, nous serons jugés en retour. En d'autres mots, il dit: Je suis le seul être qui soit sans péché; le seul qui puisse juger. Je suis le Créateur; vous êtes la création; vous êtes tous pécheurs. Le Christ ne cherche pas nécessairement à nous accuser, mais c'est un fait: nous sommes pécheurs. Et puisque nous sommes pécheurs, qu'avons-nous à tant vouloir juger les autres? Voilà pourquoi le Christ nous dit: Ne jugez pas.


Quant à ce verset en particulier, saint Augustin a commenté en disant que le Christ avait voulu leur passer le message suivant: Vous croyez que je vais crier au péché cette fois? Pas de problème, si vous voulez que je condamne, si vous voulez que je juge, si c'est la raison pour laquelle vous m'avez amené cette femme, pour que je la juge, que je juge ses péchés, je vais le faire, d'accord! Mais sachez une chose: je vais commencer par vous et juger vos propres péchés. Ooh la la! Ça, c'est vraiment inquiétant!


Avant de juger nos frères et nos sœurs, qu'ils soient chrétiens ou pas, il faut nous rappeler que nous ne valons pas mieux qu'eux. Un chrétien ne se place pas au-dessus des autres: au contraire, il s'abaisse et lave les pieds de son prochain. Il comprend qu'il a une dette envers lui. Il lui doit la lumière de l'Évangile. Il lui doit la bonne nouvelle. Il doit aimer.


J'aimerais partager avec vous le récit de compassion dont a fait preuve le saint Pape Kyrillos VI. Cet homme fut le 116 è pape d'Alexandrie et il vécut à la fin du 20 è siècle. C'était un homme de prière, un homme de miracles. Il m'est très cher au cœur, ne serait-ce que pour la personne qu'il était. C'est un exemple à suivre pour tous les croyants qui le connaissent.


Voici le récit en question qui se déroula un Vendredi saint. Cette journée-là, l'Église copte observait son rituel de prière... nous prions de 8h le matin à environ 6h ou 7h du soir. Les moines et les religieuses dans leurs monastères prient encore plus longtemps, n'est-ce pas? Il y avait cet homme qui en était à ses débuts avec le Christ et qui décida de se rendre au monastère pour se joindre aux prières du Vendredi saint. Mais comme il n'était pas habitué à des prières aussi longues, il se mit à avoir faim.


Après un certain temps, sa faim était devenue si intolérable qu'il décida tout bonnement de se rendre à la cuisine du monastère, afin de manger un morceau. Et alors qu'il mangeait, il


entendit des pas qui approchaient: c'était le Pape en personne. Et en passant, ce dernier était très imposant physiquement, alors bien entendu, notre homme fut pris de panique.


Tout d'abord, il venait de rompre le jeûne. Deuxièmement, il se trouvait dans la cuisine, un endroit où n'était pas censé être. En effet, on n'entre pas dans la cuisine d'un monastère comme ça, sans permission. Et troisièmement, il avait pris de la nourriture qui ne lui appartenait pas. Sur ce, le Pape vint le surprendre. L'homme s'attendait sans doute au pire.


Le Pape lui dit ce qui suit, et rappelez-vous, c'était un Vendredi saint, n'est-ce pas? Donc, il lui dit: Mon fils... notez l'amour paternel dont il fit preuve... Mon fils, qu'est-ce qui t'amène ici au monastère? Tu sais que nous sommes des moines. Nous prions longtemps; nous jeûnons pendant de longues heures. Tu n'es pas prêt encore pour ces choses. Puis il ajouta: Voici, prends ce bol de fruits. Et il prit une orange et la pela pour lui.


Cette compassion qui transcende les dispositions de la loi... Même un Vendredi saint? Oui, même un Vendredi saint! Tel est le cœur de Dieu: il désire le salut pour tous. Au chapitre 12, verset 32 de l'Évangile selon saint Luc, on trouve ceci:


« 32 (...), petit troupeau [réjouis-toi]; car [le] Père a trouvé bon de vous donner le royaume. » (Luc 12:32)


Voilà qui est Dieu. Puissions-nous démontrer la même compassion au lieu de juger!


Poursuivons au verset 7:


« 7 Comme ils continuaient à l'interroger, il se releva et leur dit: Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. 8 Et s'étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre. » (Jean 8:7-8)


Sa réponse était sublime, car d'un côté, il n'a pas enfreint la loi, n'est-ce pas? Étant Dieu lui- même, il n'a pas contredit la loi qu'il avait lui-même établie dans l'Ancien Testament. Et d'un autre côté, les détracteurs n'ont pas pu tuer la femme, puisqu'ils étaient eux-mêmes pécheurs. Ainsi, le Christ les a mis au pied du mur. Et la scène est d'autant plus importante qu'il les a invités à passer de la loi cruelle de l'Ancien Testament à la loi clémente du Nouveau Testament. C'était une façon de proclamer qu'il était le Messie. Et comment s'y est-il pris?


L'Ancien Testament se reconnaît aux Dix Commandements qui furent gravés sur des tables de pierre par la main de Dieu, puis remises à Moïse. Dans ce cas-ci, le Christ passe à la loi du Nouveau Testament en écrivant lui aussi de sa main, mais pas sur de la pierre: il écrit sur le sol. La différence entre le sol et la pierre, c'est que la pierre est un objet inanimé, tandis que le sol peut engendrer la vie. Placez une graine dans le sol et elle prendra vie.


Le Christ voulait donc leur dire: Je suis sur le point de vous donner une loi, la loi du Nouveau Testament. C'est la véritable loi; celle qui donne la vie; celle que vos vies devraient suivre; celle que mon cœur a voulu vous donner depuis le début; celle qui vous permettra de vivre en moi et comme moi, si toutefois vous la respectez et vous l'établissez dans vos sociétés, dans vos familles, dans vos églises, dans le monde entier.


On pouvait trouver cette idée au chapitre 36 d'Ézéchiel lorsqu'il disait:


« 26 Je vous donnerai un cœur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le cœur de pierre, et je vous donnerai un cœur de chair. 27 Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois. » (Ézéchiel 36:26-27)


Autrement dit, je vais retirer vos cœurs de pierre; je vais vous donner un cœur vivant; je vais vous donner mon Esprit et une nouvelle loi à respecter, n'est-ce pas? C'est l'essentiel de ce qu'il dit ici. Et c'est pourquoi, au verset 27, il dit: Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances... cette loi du Nouveau Testament, voilà quel sont mes ordres... et que vous observiez et pratiquiez mes lois. Après avoir dit cela, sachant que sa réponse les étonnerait, il se mit à l'écart et se rassit, afin de leur permettre de quitter lentement la place.


Verset 9:


« 9 Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu'aux derniers [De toute évidence, plus ils étaient âgés, plus ils étaient conscients de leurs péchés, alors ils étaient les premiers à quitter la place.]; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu. » (Jean 8:9)


Remarquez que la femme n'a pas encore été libérée et c'est un point très important, car le Christ a dit: Que celui (...) qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle. Et puisqu'ils étaient pécheurs, ils ne pouvaient lui jeter la pierre, alors ils sont partis. Mais une personne est restée: le Christ. Et le Christ était sans péché, donc il pouvait la juger s'il le voulait. Il avait les caractéristiques nécessaires pour être bon et juste. Ainsi, tout se passait maintenant entre elle et lui, en face à face.


Verset 10:


« 10 Alors s'étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit: Femme, où sont ceux qui t'accusaient? [Le mot femme, en termes actuels, est synonyme de madame. Madame, où sont ceux qui vous accusaient?] Personne ne t'a-t-il condamnée? [ou si vous préférez: le jugement a-t-il été rendu?] 11 Elle répondit: Non, Seigneur. [Donc, personne n'a rendu de jugement.] Et Jésus lui dit: Je ne te condamne pas non plus [c'est moi qui rend le jugement: je suis sans péché,


alors je peux rendre ce jugement et c'est ce que je fais: je ne te condamne pas. Je choisis de te juger avec compassion.]: va, et ne pèche plus. » (Jean 8:10-11)


Bien que le jugement du Christ fût clément, il était conditionnel à ce que la femme ne pêche plus. Ce n'était donc pas un jugement sans conséquence. Le jour du jugement dernier viendra. Dieu veut qu'il y ait de l'ordre. Sans ordre, c'est le chaos. Mais faisons en sorte de toujours voir les gens à la manière de Dieu: avec compassion et clémence. Ne jugeons pas les autres. Jugeons-nous nous-mêmes. Sachons reconnaître qui nous sommes, afin d'être disposés à nous repentir.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


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N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.