Quand on pense à l'œuvre de salut que notre Seigneur Jésus a réalisée pour nous, il faut voir sa vie entière comme une œuvre salvatrice. De sa transposition dans l'incarnation à sa conception virginale, puis son baptême, sa crucifixion, sa résurrection et même son Ascension, toute sa vie a contribué au salut, à la guérison et à la rédemption de ma vie, de nos vies. Tout ce qu'il a fait avait pour but de nous apporter la guérison. Aujourd'hui, nous allons centrer notre attention sur son baptême.


Tout d'abord, il faut comprendre que, fondamentalement, notre salut vient rétablir ce que nous avons perdu dans le jardin d'Éden. Dieu avait insufflé son esprit vivifiant à Adam et c'est par l'Esprit Saint que ce dernier reçut la vie, la vraie vie, et qu'il put connaître Dieu. Lorsque Adam et Ève ont chuté, l'Esprit Saint les a quittés, ce qui a provoqué leur mort spirituelle. Au temps de l'Ancien Testament, seul un nombre très restreint de personnes avait la chance de recevoir l'Esprit Saint, et ce, pour un certain temps seulement. Les prêtres, les prophètes et les rois comptaient parmi les privilégiés. Le baptême du Christ était donc la seule manière de permettre à l'humanité de recevoir l'Esprit Saint de nouveau.


Notre propre baptême est une participation mystique au baptême du Christ et c'est à ce moment que nous recevons l'Esprit Saint, tout comme il l'a reçu lui-même. Et ceci vient tout changer. C'est le moment où une voix céleste se fait entendre, alors que Jésus sort de l'eau:


« 17 ...[Tu es] mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. » (Matthieu 3:17)


Comme je disais, ceci vient vraiment tout changer, tant pour vous que pour moi. D'ailleurs, au chapitre 8 de son Épître aux Romains, saint Paul disait que nous aussi, en recevant l'Esprit Saint, avons reçu l'Esprit d'adoption qui nous fait clamer Abba, Père. Nous aussi sommes des enfants de Dieu. Nous clamons Abba, Père et il nous répond Vous êtes mes enfants bien-aimés.


Pouvez-vous imaginer l'ampleur de cette guérison, de cet amour, de cette restauration, de ce grand honneur qui nous est fait, à vous et moi, non seulement d'être appelés les enfants de Dieu, mais aussi ses enfants bien-aimés? Je suis d'avis que le fait d'être bien-aimé est une chose qui manque à plusieurs. Car de savoir que nous sommes ses enfants nous permet d'entrer avec confiance dans la salle du trône de Dieu et de bénéficier de sa clémence et de sa grâce, comme le disait saint Paul aux Hébreux (chapitre 4). Cette vigueur que nous procure le fait de nous savoir des enfants de Dieu, c'est ce que le Christ est venu nous redonner lorsqu'il est entré dans les eaux du Jourdain et qu'il a reçu l'Esprit Saint au nom de l'humanité.


Plusieurs personnes croient à tort que lorsqu'ils commettent un péché, ils perdent, en quelque sorte, leur lien filial à Dieu, et même qu'ils cessent d'être bien-aimés. Si nous, créatures empreintes de méchanceté, ne pouvons jamais nous résoudre à abandonner nos enfants quelle que soit la gravité de ce qu'ils ont fait, à plus forte raison, jamais notre Père céleste ne nous abandonnerait!


Paul nous a dit: Ne savez-vous pas que [vous êtes devenus] le temple du Saint-Esprit? Ne savez-vous pas que votre lien filial dépend de l'Esprit Saint et non de vous? Vous êtes ses enfants bien-aimés. Accueillez cette tendre affection. C'est votre identité, telle que Dieu la définit. Vous êtes bien-aimés et cela fait partie de votre guérison. Rendez-lui grâce pour l'amour qu'il a déversé en vous et pour avoir daigné entrer dans les eaux du Jourdain dans votre intérêt.


J'aimerais terminer en citant saint Cyrille d'Alexandrie qui disait:


« Dieu, dans son amour pour le genre humain, nous a ouvert la voie menant au salut et à la vie. En croyant au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et en le confessant devant témoins, nous nous débarrassons de la souillure du péché. La communication de l'Esprit Saint nous a enrichis, nous a permis de prendre part à la nature divine et nous a valu la grâce d'être adoptés comme des enfants de Dieu. Il était donc nécessaire que le Verbe du Père devienne pour nous le modèle et la manière de faire toute bonne œuvre, en s'abaissant jusqu'à faire le vide en lui, afin de se manifester à notre ressemblance. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, À propos de Luc 3, Homélie 11) - [traduction libre]


Gloire à Dieu pour toujours!