Durant ma croissance, certains des récits les plus fascinants racontaient l'histoire des martyrs, ces jeunes hommes et ces jeunes femmes qui bravaient les lions et les tortures sans la moindre crainte. D'où tiraient-ils leur force? Qu'est-ce qui leur donnait ce courage? En fait, saint Athanase affirme que le courage des femmes et des enfants à se précipiter vers la mort est une des preuves les plus solides de la résurrection, car par sa mort et sa résurrection, le Christ a du même coup anéanti la mort, la corruption et la crainte de mourir.


Aujourd'hui, nous nous penchons sur l'œuvre de salut que le Christ a accomplie à travers sa mort et sa résurrection. Grâce à lui, la mort n'est plus. Dans la Litanie des disparus, nous déclarons que ce n'est pas la mort qui attend ses serviteurs, mais un nouveau départ, un départ vers l'étreinte éternelle de Dieu. C'est aussi ça, le salut. Tout ça fut rendu possible grâce à la victoire du Christ sur la mort par l'entremise de la croix, alors qu'il y rencontra la mort et l'élimina.


J'adore la manière dont saint Athanase s'exprime sur le sujet. Le Christ, par amour pour nous, s'est fait homme pour pouvoir atteindre ce qui était en dehors de sa nature, soit la mort et la corruption. Il s'est donc manifesté en tant qu'humain à part entière, afin de pouvoir mourir et détruire la mort. Saint Athanase dit ceci:


« En soumettant à la mort le corps qu'il avait pris en guise d'offrande et de sacrifice, exempt de toute souillure, il put dès lors abolir la mort pour ses frères humains par une offrande de nature équivalente.» (Saint Athanase, Sur l'incarnation du Verbe, chapitre 2, paragraphe 9) - [traduction libre]


Pour sa part, saint Jean Chrysostome, nous propose la belle image qui suit. Il se représente la mort comme une bête affamée qui se nourrissait de l'âme des êtres humains à leur décès. Celle-ci quittait le corps du défunt, puis descendait aux enfers et y rencontrait cette bête, soit la mort, qui la dévorait.


Un jour, il y a environ deux mille ans, l'âme d'un humain nommé Jésus descendit aux enfers comme toutes les autres. La bête dévora son âme, quand soudain elle réalisa que ce Jésus n'était pas qu'un simple humain, mais qu'il était Dieu en personne. Il était, ou plutôt, il est la Source de Vie. Cette âme d'humain descendue aux enfers était en parfaite union avec la divinité du Logos. La bête qui représentait la mort ne put résister à la Source de Vie et mourut aussitôt.


Cette image illustre simplement ce qui se passa sur la croix lorsque le Christ poussa son dernier soupir et rendit l'âme. Encore ici, la mort fut incapable de l'emporter sur la Source de


Vie. Il était donc normal que le Christ soit ressuscité d'entre les morts. Et ce faisant, chaque être humain faisant partie du corps du Christ, c'est-à-dire l'Église, participerait dorénavant au mystère de la mort et de la résurrection en Jésus-Christ. En conséquence, l'état du corps glorifié, du corps spirituel que le Christ a adopté après sa résurrection sera partagé avec chaque humain qui est en lui par l'entremise du baptême. Par cette mort et cette résurrection, le Christ a débarrassé la nature humaine de la mort et de la corruption. Revoici saint Athanase:


« Naturellement aussi, par cette union du Fils immortel de Dieu et de notre nature humaine, tous les hommes furent enveloppés d'incorruptibilité par la promesse de résurrection. (...) bien que le Verbe n'ait habité qu'un seul corps humain, la corruption inhérente à la mort a perdu son pouvoir sur tous. » (Saint Athanase, Sur l'incarnation du Verbe, chapitre 2, paragraphe 9) - [traduction libre]


Pour sa part, saint Paul s'exprime ainsi:


« 21 Car, puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts. 22 Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ. » (1 Corinthiens 15:21-22)


Suite à cette œuvre salvatrice, d'innombrables chrétiens se sont succédé en tant que martyrs au nom du Christ, sans craindre la mort.


« 55 Ô mort, où est ta victoire? Ô mort, où est ton aiguillon? » (1 Corinthiens 15:55)


Gloire à Dieu pour toujours. Amen.