Le salut... C'est un si beau mot! Si l'on posait la question à savoir ce que le Christ a fait pour nous apporter le salut, la plupart des gens répondraient qu'il est mort sur la croix pour nous. Mais à vrai dire, tout ce que le Christ a fait, il l'a fait pour notre salut, en commençant par l'incarnation, lors de laquelle sa nature divine et sa nature humaine se sont unies grâce à la conception virginale. Son baptême était entièrement consacré à notre guérison et à notre salut. Sa victoire totale sur la mort par l'entremise de la croix, ainsi que sa résurrection, et oui, même son Ascension, toutes ces œuvres du Christ avaient un caractère salvateur. Chacune d'elles était une façon de nous apporter le salut, et c'est toujours le cas aujourd'hui. En fait, c'est en s'y joignant et en prenant part à ces œuvres que nous pouvons accéder au salut.
Mais de quoi obtenons-nous le salut? En tout premier lieu, il est important de comprendre ce qui s'est vraiment passé lors de la chute. Voyez-vous, Dieu a créé l'humanité par amour, par pur amour, et il voulait partager cet amour avec ceux qu'il avait créés à sa propre image. Le Seigneur Dieu était leur source de vie. Il était tout pour Adam et Ève. Ils ne vivaient, ne respiraient et n'existaient que par lui. Il était leur source de vie. Il était tout pour eux. Adam et Ève avaient donc été créés pour vivre dans la reconnaissance, tout en se rapprochant de plus en plus à l'image de Dieu. Il était leur référence absolue en matière de moralité. C'était lui qui décidait de ce qui était bon ou mauvais et de ce qu'on pouvait faire ou pas. Il était leur source de vie et leur raison de vivre.
Puis un jour, ils décidèrent de revendiquer leur indépendance. Voyez-vous, quand on exige ou que l'on souhaite être indépendant de la Source de Vie, on se retrouve isolé, déconnecté de la Vie elle-même. Ils décidèrent de n'appartenir qu'à eux-mêmes, de se trouver sages, et ils devinrent leur propre référence en matière de norme morale. Dorénavant, c'est eux qui décideraient de ce qui est bon ou mauvais. En voyant le fruit, Ève conclut qu'il était bon à manger. Elle venait de décider. Elle évalua elle-même que le fruit pouvait être consommé. Le Seigneur les avait pourtant avertis que c'était interdit, mais elle choisit d'en manger quand même et elle en donna aussi à son mari. Il en mangea et tous deux découvrirent leur nudité.
Parlant de découverte de nudité, l'expression signifie qu'ils ont rejeté ou mis de côté la Source de Vie et tout ce qui s'y trouve uni par l'amour qui avait servi de fondement à sa création. Au lieu de s'en montrer reconnaissants, ils ont repoussé la Source de Vie elle- même quand ils ont décidé de la mettre de côté. Ils s'en sont trouvés démunis, dépouillés, exilés. Et c'est exactement ce que le Christ est venu réparer, guérir. Il est venu nous guérir de cet isolement, de cet éloignement de Dieu, de notre détachement. C'est en nous voyant dans cet état que le Christ a décidé de nous accorder le salut complet.
La première chose dont nous allons parler aujourd'hui, c'est de l'œuvre de guérison dont il nous a fait bénéficier en naissant de la Vierge. Le fait qu'il ait été enfanté d'une vierge n'est pas le fruit du hasard. Il faut plutôt le voir comme un événement tout à fait exclusif. La conception virginale a une signification mystique directement liée à notre salut. D'après saint Cyrille:
« ...le Fils est venu, ou plutôt s'est fait homme, afin de reproduire notre état en lui- même, d'abord par le caractère saint, merveilleux et tout à fait extraordinaire de sa naissance et de sa vie. C'est ainsi qu'il fut le premier à naître de l'Esprit Saint (après la chair, bien sûr), afin de tracer le sillon par lequel la grâce viendrait nous trouver. Par son intervention en qualité de Fils véritable et naturel, il a voulu nous faire profiter de cette régénération intellectuelle et de cette assimilation spirituelle, afin que nous puissions, nous aussi, appeler Dieu notre Père, et de ce fait, demeurer sans corruption et ne plus dépendre de notre premier père, Adam, qui nous avait corrompus. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, De l'unité du Christ) - [traduction libre]
Ceci est tiré de la publication ayant pour titre De l'unité du Christ.
Ce grand mystère de la conception virginale a rompu le lien qui unissait l'humanité à son ancêtre Adam, lequel avait amené la mort et la corruption à ses enfants. C'est la raison pour laquelle le Christ n'est pas né d'un père humain, lequel aurait été un descendant d'Adam. Dans l'Ancien Testament, avant l'incarnation du Christ, une naissance résultant d'une union naturelle ne pouvait que propager la mort et la corruption, puisqu'à l'époque, c'était ce qui caractérisait l'humanité, elle qui était de la descendance d'Adam, responsable d'avoir fait entrer la mort et la corruption partout dans le monde.
Grâce à la conception virginale, le Christ nous a placés sur une voie issue de l'Esprit Saint, tout comme lui. Il nous a donné le potentiel d'accéder à la sainteté et à la vie, au lieu de naître en proie au péché par l'entremise du premier Adam. Adam n'est plus notre père; c'est Dieu qui est maintenant notre Père.
« 15 Et vous n'avez point reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte; mais vous avez reçu un Esprit d'adoption, par lequel nous crions: Abba! Père! » (Romains 8:15)
Ceci est tiré de Romains 8:15
Ainsi, quand on pense au salut, il faut d'abord penser à l'incarnation. Il faut se rappeler que tout ce que le Seigneur a fait, à commencer par la conception virginale, visait notre ultime guérison et le rétablissement de notre union au Père que nous avions rejetée sous Adam et Ève.
Gloire à Dieu pour toujours. Amen.