Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Dans la vidéo précédente, si vous nous avez suivi, nous avons parlé de ce qui cela implique de se soumettre, en examinant ce qui s'est passé lors de la chute de l'humanité. Nous avons pris le temps de comprendre les répercussions du péché lorsqu'il est entré dans nos vies, en particulier la façon dont il a perturbé la relation entre Adam et Ève. Nous allons maintenant nous efforcer de prendre un peu de recul, afin de comprendre ce que cela implique lorsqu'on emploie le mot soumission dans la célébration du mariage, telle qu'on la connaît aujourd'hui.


Pour comprendre ceci, j'aimerais tout d'abord consulter l'Épître de saint Paul aux Éphésiens, au chapitre 5. Dans ce chapitre, nous retrouvons exactement le même texte qui est normalement lu lors du sacrement du mariage, l'un des rites de l'Église copte orthodoxe. Saint Paul exprime une chose très intéressante, au verset 21, quand il dit:


« vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. » (Éphésiens 5:21) Ce qui est particulier ici, c'est que plusieurs d'entre nous pensent, à tort, que le commandement de soumission s'adresse uniquement à la femme, ce qui est totalement faux. Revoyons l'extrait, car saint Paul ne saurait être plus clair à ce propos:


« vous soumettant les uns aux autres dans la crainte de Christ. » (Éphésiens 5:21) Ceci devient encore plus frappant lorsqu'on prête attention à la formulation employée au sein de l'Église copte orthodoxe durant la cérémonie du couronnement, au moment où le commandement est donné aux nouveaux mariés. Que leur dit le prêtre? Le texte liturgique va comme suit:


« Vous devriez connaître vos droits mutuels et vous soumettre l'un à l'autre et faire en sorte que chacun de vous reste fidèle à l'autre, d'après l'enseignement que nous apporte l'Apôtre Paul qui nous dit: » - [traduction libre] « La femme n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est le mari; et pareillement, le mari n'a pas autorité sur son propre corps, mais c'est la femme. » (1 Corinthiens 7:4) On peut voir ici que l'Église a une bonne compréhension de ce que cela signifie pour nous de s'offrir l'un à l'autre. Il y a clairement une réciprocité. Il n'est pas question d'un scénario d'autorité où l'un serait supérieur à l'autre; il est plutôt question de deux personnes qui sont unies en Dieu et qui viennent l'une à l'autre, s'offrant l'une à l'autre, se soumettant l'une à l'autre par amour, par humilité, et ultimement, par leur union, ils honorent cette image de Dieu dans leur relation.


Et lorsqu'on dit au mari et à sa femme que leur relation est appelée à honorer l'image de Dieu, que veut-on dire au juste? Pour comprendre ceci, j'aimerais recourir à saint Jean Chrysostome, l'un des Pères patristiques de l'Église orthodoxe. Ce qui nous intéresse plus particulièrement, c'est ce qu'il dit lorsqu'il tente de décrire la beauté qui se cache dans le sacrement du mariage. Allons voir cette description:


« Quand un mari et sa femme s'unissent dans le mariage, ils ne semblent plus représenter quelque chose [qui soit] terrestre, mais ils deviennent comme des images de Dieu lui-même. » (Saint Jean Chrysostome) - [traduction libre] Ce que nous devons y voir, vous et moi, c'est que si nous vivons un mariage chrétien en bonne et due forme au moment de prendre part à ce sacrement et de nous unir en tant que mari et femme, les témoins de cette belle union y verront quelque chose qui est à l'image de Dieu, c'est-à-dire, quelque chose de divin. Comment tout ceci nous renseigne-t-il sur les rôles que le mariage nous invite à tenir? Doit-on y voir que le rôle donné à l'homme est le même que celui donné à la femme? Bien sûr que non! Nous en avons parlé dans la vidéo précédente et nous en avons touché un mot dans la première portion de cette vidéo-ci. Ce que cela veut dire pour vous et moi, c'est qu'il faut comprendre quelle sera notre vocation dans le mariage, au lieu de perdre notre temps à réfléchir à ce que nous devrions y faire.


Alors voyez-vous, mes frères, ce que je veux dire par là, c'est qu'il est important de réaliser que le mariage est un appel où nous sommes invités à nous identifier à Dieu; ce n'est pas une liste de tâches à accomplir. Par conséquent, posons-nous cette question: Qui sommes- nous appelés à être?


Commençons par l'homme. Si on s'en remet à l'enseignement de saint Paul, l'homme est clairement appelé à devenir comme le Christ, alors il faut savoir: Qu'est-ce que le Christ a fait pour son épouse, soit l'Église? D'abord et avant tout, le Christ s'est incarné et s'est entièrement plié à la volonté du Père. Il lui a obéi sans relâche, et ce, jusqu'à l'instant de sa mort. Mais en plus d'obéir au Père, il s'est également donné à son épouse, soit l'Église, d'où l'idée de soumission. Nous savons que dans cette histoire bien précise, le Christ s'est donné à l'Église, et malgré le fait que les gens n'étaient pas prêts à recevoir sa parole à l'époque, qu'ils ont abusé de lui et qu'ils l'ont crucifié, il a décidé de passer l'éponge sur ce sacrifice et, par amour absolu, de demeurer le parfait marié. Ainsi, tout homme qui est appelé au sacrement du mariage doit être prêt à vivre une parfaite soumission à Dieu ainsi qu'à sa femme, au-delà de ses faiblesses, au-delà de ses défauts, et accepter de porter une couronne d'épines et de s'offrir, par amour et humilité, au même titre que le Christ l'a fait.


Maintenant que nous avons vu que l'homme est appelé à être comme le Christ et à refléter l'image de Dieu en lui-même, examinons ce qui en est de la femme. Demandons à nos filles et à nos sœurs qui sont appelées au sacrement du mariage de se poser la question suivante:


Comment puis-je refléter cette image dans ma vie? Eh bien, nous avons vu le marié, soit le Christ, s'offrir en sacrifice et témoigner d'un amour immense à la mariée, soit l'Église. Par conséquent, si la femme doit se comparer à l'Église, elle doit aussi être capable de reconnaître en son mari sa dévotion et sa ressemblance au Christ; elle doit voir en lui quelqu'un qui est prêt à aimer, à se sacrifier, à se soumettre et à se dévouer à sa famille et à sa femme. Ainsi, lorsque la femme est appelée à se soumettre, elle le fait parce qu'elle voit la beauté qui se trouve en son mari; elle se soumet parce que, comme l'Église, elle désire élever tout ce qu'elle aime à un niveau qui lui permette de l'offrir à Dieu. On constate également que l'Église réunit tous ses enfants et les élève afin qu'ils soient pieux; elle ne s'offre pas seulement pour rassembler les croyants, mais également pour tenir maison. C'est en cette Église que nous croyons; une Église qui est l'épouse du parfait marié.


Nous avons donc deux rôles différents: l'un représente le Christ, l'autre l'Église. Mais nous ne devrions jamais tenter de les comparer, d'en faire des contrastes et de les placer à des niveaux différents, ce qui suggèrerait que l'un est supérieur à l'autre. Le mari représente le Christ, parce qu'il offre un sacrifice, et l'épouse représente l'Église, parce qu'elle nourrit et chérit cet amour, et au bout du compte, amène la maisonnée à la piété.


Mes bien chers frères, pour résumer tout ça, j'aimerais vous lire un extrait de l'homélie de saint Jean Chrysostome qui, dans son magnifique sermon sur le mariage, nous trace un portrait du concept tout entier en évoquant toute la beauté du mariage. Il dit ceci:


« Il n'existe pas de plus forte influence qu'un lien d'amour, particulièrement pour un mari et son épouse. On peut apprendre à un serviteur à se soumettre par la peur, mais si on le pousse trop, même lui cherchera à s'échapper. Une partenaire de vie, la mère de ses enfants, la source de toutes joies, ne devrait jamais être sous l'emprise de la peur et des menaces, mais devrait être traitée avec amour et patience. Quelle sorte de mariage peut-il y avoir si la femme a peur de son mari? [ou] Quelle satisfaction un mari pourrait-il avoir à vivre avec une épouse qui est son esclave au lieu d'être sa femme de plein gré? Acceptez n'importe qu'elle souffrance pour elle, [dit-il aux maris], mais n'abusez jamais d'elle, car le Christ n'a jamais abusé de l'Église [qui est son épouse, comme nous le savons]. » (Saint Jean Chrysostome, Homélie sur le mariage) - [traduction libre] Ainsi, mes frères, nous allons conclure en essayant de comprendre encore une fois: je me soumets à une personne à laquelle j'ai été uni par amour et afin de répondre à l'image de Dieu qui devrait se présenter comme une lumière dans ce monde. Chaque mari est appelé à représenter le Christ et chaque épouse est appelée à représenter l'Église.


N'oubliez pas, mes frères:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.