Sommes-nous censés nous confesser directement à Dieu, nous confesser devant le prêtre, ou nous confesser entre nous, tel que mentionné dans l'Épître de saint Jacques? Cette vidéo vise à clarifier la question du point de vue biblique et historique.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au nom du Père et du Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Au sein des traditions orthodoxe et catholique, le sacrement de confession se déroule en présence d'un prêtre. Cependant, certaines autres confessions s'empressent de citer la première Épître à Timothée, chapitre 2, verset 5, qui dit qu'il n'y a qu'un seul médiateur entre Dieu et les hommes et que ce médiateur, c'est Jésus-Christ. Alors, pourquoi nous confessions- nous à un prêtre? Est-ce que nous lui reconnaissons la même valeur que celle du médiateur dont on vient de parler? Bien sûr que non!
Au chapitre 2 de la première Épître à Timothée, il est question d'un médiateur unique qui s'est offert pour racheter l'humanité. Il n'y a qu'un médiateur qui puisse faire ceci et c'est le Dieu- homme, Jésus-Christ notre Sauveur. Cependant, si l'on cherche un peu plus dans le Nouveau Testament, on constate que les humains peuvent intercéder entre eux. En réalité, nous n'avons pas à chercher très loin. Dans la même Épître à Timothée, au chapitre 2, juste avant de faire allusion à un médiateur unique, saint Paul, au verset 1, exhorte tous les hommes à intercéder les uns pour les autres. Bien que ce verset ne parle pas de prêtrise, il avance néanmoins l'idée que d'autres types d'intercessions sont possibles. Maintenant, passons à l'Épître de saint Jean qui nous dit ceci:
« ...le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.
Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous.
Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.
Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous. » (1 Jean 1:7-10) Si on lit ce passage au pied de la lettre, on peut en déduire un certain nombre de choses.
Tout d'abord, la purification de nos péchés est rendue possible grâce à l'œuvre salvatrice de Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la croix. Mais nous avons aussi un rôle à jouer, soit celui de confesser nos péchés. Saint Jean dit: si nous affirmons être sans péchés, nous nous mentons à nous-mêmes, mais si nous nous en confessons, Dieu nous les pardonnera. C'est très simple, mais ce passage nous explique-t-il comment faire pour nous confesser et à qui? Non, rien là- dessus. Nous pouvons supposer que la confession se fait directement devant Dieu, mais ce n'est qu'une supposition.
Les versets que nous avons lus ensemble ne sont pas les seuls qui parlent de prêtrise et de confession dans le Nouveau Testament. Aux chapitres 16 et 18 de Matthieu, le Christ déclare que les disciples ont une certaine autorité leur permettant d'accuser ou de pardonner sur terre. Au chapitre 16 de Matthieu, le Christ s'adresse uniquement à saint Pierre. Au chapitre , il parle uniquement aux douze apôtres. Mais le plus important se trouve au chapitre 20 de Jean, alors que Christ pose un geste très significatif. Les versets 22 et 23 proposent ceci:
« Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint Esprit.
Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. » (Jean 20:22-23) Ici, le Christ, à la veille de la résurrection, donne l'Esprit Saint aux apôtres. C'est d'une importance énorme! De toute évidence, s'il pose ce geste 50 jours avant la Pentecôte, ce n'est pas pour le plaisir. Il leur dit ensuite: Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. Il leur donne carrément l'autorité de pardonner ou de lier les péchés sur terre. Tout dépend de la sincérité de la personne à bien vouloir se repentir.
De plus, si l'on consulte Romains 16, verset 16, en tenant bien compte de son sens grec d'origine, on découvre que saint Paul affirme hors de tout doute qu'il agit à titre officiel de prêtre. Malheureusement dans la version New King James, cette idée de rôle officiel est traduite par le mot occupation, ce qui est un terme très vague.
Mais est-ce que seuls les onze ou douze apôtres disposaient de cette autorité à l'époque?
Pourquoi en serait-il ainsi? Pourquoi Dieu aurait-il confié l'autorité à ces onze personnes seulement et pour une durée spécifique? Cela semble illogique, surtout qu'au chapitre 18 de Matthieu, l'autorité qui fut accordée aux apôtres devait être en lien avec l'autorité de l'Église.
L'Église aurait-elle été établie pour exercer son autorité seulement au temps des apôtres ou Dieu l'avait-il établie pour qu'elle demeure effective sur terre jusqu'à sa deuxième visite éventuelle?
Quand on examine le reste des Écritures, on réalise très vite que saint Paul disposait de cette même autorité. Lui qui ne faisait pas partie des onze s'est pourtant vu excommunier un pécheur, tel que mentionné au chapitre 5 de la première Épître aux Corinthiens. Il l'a réintégré plus tard, après qu'il se fût repenti, comme en témoigne la deuxième Épître aux Corinthiens, chapitre 2. Et ceci n'est qu'un exemple de l'autorité évidente qu'exerçait saint Paul dans le Nouveau Testament. De plus, il s'est adressé à saint Timothée en ces termes:
« Ne néglige pas le don qui est en toi, et qui t'a été donné par prophétie avec l'imposition des mains de l'assemblée des anciens. » (1 Timothée 4:14) Historiquement, saint Timothée était l'évêque d'Éphèse et un disciple de saint Paul. Ce dernier lui rappelle de ne pas négliger le cadeau qu'on lui a fait d'être admis par l'assemblée des anciens et de pouvoir exercer la prêtrise, ce que la version New King James a traduit par fonction d'aîné. Certains chrétiens sont d'avis que l'expression assemblée des anciens utilisée ici se rapporte aux aînés, c'est-à-dire aux personnes âgées, et que ça n'a rien à voir avec la prêtrise du Nouveau Testament. Mais si on examine un peu l'histoire de l'Église, on y trouve suffisamment de preuves que c'est de la prêtrise dont saint Paul parlait. Je vous donnerai quelques exemples un peu plus tard, mais pour l'instant, poursuivons avec les Écritures. Saint Paul s'adresse encore à saint Timothée ici:
« N'impose les mains à personne avec précipitation, et ne participe pas aux péchés d'autrui; toi-même, conserve-toi pur. » (1 Timothée 5:22) Qu'entend-il par ne pas s'empresser d'imposer les mains? Il veut dire qu'il faut bien examiner les candidats avant de les choisir et de les instituer en tant qu'évêques ou diacres. C'est pourquoi, au chapitre 3 de la même Épître, saint Paul fournit des directives claires à saint Timothée quant aux qualifications requises pour être évêque ou diacre. Nous avons ici un exemple évident de la manière dont la prêtrise doit être transmise de génération en génération, afin d'assurer le ministère de l'Église. On trouve un autre exemple de ceci dans les Actes des Apôtres, au chapitre 14, verset 23. Voici l'extrait:
« Ils instituèrent des Anciens [c'est-à-dire des prêtres] dans chaque Église, après avoir prié et jeûné, et les recommandèrent au Seigneur, en qui ils avaient cru. » (Actes :22) - [Bible catholique Crampon 1923] Encore ici, la version New King James a donné un sens beaucoup plus dilué au terme instituer en le remplaçant par le verbe nommer. Quoi qu'il en soit, nous pourrions passer la journée à discuter du sens original des mots grecs. Mais au bout du compte, c'est la vie de l'Église au cours les premiers siècles de notre ère qui leur a donné leur vrai sens.
Et qu'en est-il de l'Épître de saint Jacques? Cette Épître nous invite à confesser nos fautes les uns aux autres. Est-ce que cela sous-entend que nous devrions nous confesser à n'importe qui? Pas exactement. D'abord, le contexte de ce verset reposait sur la guérison des malades, laquelle devait d'abord passer par la prière et l'application d'huile sainte par le prêtre de l'église.
C'est alors que les Écritures enchaînaient avec: confessez vos fautes les uns aux autres. Et pourquoi?
Dans les débuts de l'Église, la confession était un geste public que l'on posait en présence de l'évêque. Les prochaines citations permettront de clarifier. La première citation provient de la Didachè, un document qui date du 1 er siècle de notre ère et que l'on attribue aux douze apôtres.
Voici ce qu'on y dit:
« Confessez vos fautes à l'église et n'allez pas prier alors que vous avez mauvaise conscience. C'est ainsi qu'il faut faire... Le Jour du Seigneur [le dimanche], rassemblez- vous, rompez le pain et rendez grâce [si vous faites une recherche, vous verrez que tous ces gestes se rapportent au mystère de l'Eucharistie] après avoir confessé vos fautes, afin que votre sacrifice soit pur. » (Didachè 4:14 et 14:1) - [traduction libre] La confession avait donc lieu les dimanches, à l'église, durant l'Eucharistie et en présence de l'évêque qui présidait à la liturgie. Quant à la confession publique, saint Irénée, qui a vécu au è siècle de notre ère, a dit ce qui suit à propos des personnes qui refusaient de s'y soumettre:
« Certaines de ces femmes se confessent publiquement, alors que d'autres ont honte de le faire. En silence, comme s'il elles cherchaient à se refuser l'espérance d'une vie en Dieu, elles abandonnent totalement leur foi ou elles demeurent indécises face aux deux tendances. » (Saint Irénée, Contre les hérésies 1:22, en l'an 189 de notre ère) - [traduction libre] De nos jours, nous trouvons parfois difficile de nous confesser à un prêtre, mais en réalité, c'est beaucoup plus facile pour nous que pour les chrétiens qui vivaient dans les débuts de l'Église. On comprend maintenant pourquoi saint Jacques suggérait de nous confesser les uns aux autres: c'était parce que la confession se déroulait publiquement à l'église.
La dernière citation nous vient de saint Hippolyte qui rapportait le blabla que priait un évêque au moment d'instituer un autre évêque. Il s'adressait à Dieu le Père comme ceci:
« Répands ton pouvoir sur nous, depuis ton Esprit royal, que tu as donné à ton Fils bien-aimé, Jésus-Christ, et que tu as confié à ses saints apôtres... et accorde aussi à ton serviteur, que tu as choisi pour l'épiscopat, le pouvoir de nourrir ton troupeau sacré et de servir en tant que grand prêtre, sans faire de reproches... et par l'Esprit de la haute prêtrise, accorde-lui l'autorité de pardonner les fautes, dans le respect de ton commandement. » (Saint Hippolyte, Tradition apostolique 3, en l'an 215 de notre ère) - [traduction libre] À la lumière de ces trois citations combinées, on peut voir le lien qui existe entre Jean 20, l'Épître de Jacques, l'Épître de Jean, et les chapitres 16 et 18 de Matthieu. Il est donc possible de faire un rapprochement clair entre le sacrement de confession des Écritures et l'histoire de l'Église. Il y a plusieurs autres citations des Pères de l'Église que nous aurions pu partager à propos de la prêtrise en général ou de la confession en particulier, surtout celles de saint Ignace d'Antioche, mais nous en avons assez pour l'instant.
Bien sûr, le sacrement de confession a évolué et est devenu un geste privé que l'on pose en présence du prêtre, ou même devant l'évêque. Il y a aussi des raisons théologiques qui expliquent pourquoi on se confesse en présence du prêtre, et le Père Anthony y fait allusion dans une de ses vidéos, dont les coordonnées vous seront fournies dans la description ci- dessous. Entre temps, si on s'en tient à ce que nous avons vu dans la présente vidéo, pour quelle raison devrait-on se confesser devant le prêtre? Tout simplement parce que Dieu l'a voulu ainsi et que l'Église le vit ainsi.
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La confession - Partie 3: Pourquoi se confesser à un prêtre et comment le faire?