Il nous arrive trop souvent d'entendre que Dieu invite les gens à se marier et à aider les autres à trouver la perle rare. On nous parle aussi de la vocation sacrée de la vie monastique. Mais que fait-on de ceux qui ne suivent aucune de ces deux voies? Que dire d'une personne célibataire qui mène une vie droite et chrétienne, avec le Christ et pour le Christ, sans toutefois se marier ou vivre en communauté parmi les moines? Que fait-on de ces personnes? Prenons le temps d'en discuter ensemble.


Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Quelle est la position du christianisme face aux gens qui ne sont pas mariés? Sont-ils quand même bénis de Dieu? Et s'ils ne se marient pas, la vie monastique est-elle le seul autre choix qui s'offre à eux? Ces questions sont toutes très pertinentes et méritent une réponse. Et bien que la question des vocations et des modes de vie soit d'une grande importance, il faut admettre que c'est un sujet délicat; un sujet qui doit être traité avec amour, d'après la vision du Christ notre Seigneur, et non d'après les normes culturelles qui, bien souvent, tendent à vouloir s'imposer à nous. Permettez-moi de clarifier mes propos.


Dans plusieurs cultures, par exemple, le mariage et la vie de famille sont des valeurs de premier ordre, à tel point que les gens essaient de les inculquer aux autres de force. On voit trop souvent des parents dire à leurs enfants, de façon directe ou indirecte, qu'ils doivent se marier et fonder une famille, comme s'ils devaient se plier à leurs attentes. Ces mêmes enfants se retrouvent alors avec le fardeau de faire tout ce qu'ils peuvent pour établir des relations à contrecœur, car c'est supposément ce à quoi on s'attend d'eux. J'espère que vous serez d'accord pour dire que c'est inacceptable.


Qu'adviendra-t-il de ces enfants s'ils ne se marient pas? Vont-ils soudain devenir moins dignes aux yeux des parents? Vont-ils être une source de déception? Car c'est une chose de dire nous aimerions que tu aies une famille à toi, mais c'en est une autre d'insinuer que si tu ne te maries pas, c'est qu'il y a quelque chose qui ne va pas chez toi. Dieu n'a jamais voulu que les chrétiens que nous sommes nourrissent de telles pensées dans leurs foyers et leurs communautés!


Nous oublions souvent que le mariage n'est pas le seul chemin que le Seigneur ait placé devant nous. S'il est vrai que certains sont faits pour le mariage, d'autres ne le sont pas. Plusieurs apôtres et de nombreuses personnes saintes, qu'elles aient été moniales ou laïques, sont de parfaits exemples de gens merveilleux que le Seigneur a bénis et utilisés


pour glorifier son nom. Même le Christ notre Seigneur était un célibataire qui s'est lui-même consacré à la volonté de son Père bien-aimé.


Aussi la première chose à faire avant d'aller plus loin, c'est d'arrêter de critiquer les personnes qui ne sont pas mariées. Le mariage et le célibat sont tous deux bénis de Dieu et nous sommes tous appelés à la sainteté si nos vies chrétiennes lui sont fidèles.


Maintenant que c'est clair, devrait-on s'attendre à ce que tous les célibataires s'orientent vers le monastère? Non, pas forcément. La vie monastique est assurément une voie honorable dans la tradition orthodoxe, mais ce n'est pas le seul moyen de se mettre au service de Dieu. Il existe des hommes et des femmes qui lui sont fidèles sans être moines ou moniales. Et ces personnes servent leur communauté locale, les membres de leur famille et leurs amis d'un amour et d'un altruisme débordants.


Bien qu'elles n'aient pas été formellement consacrées en église conformément au rite de l'imposition des mains, elles peuvent tout de même décider, comme plusieurs l'ont fait, de consacrer leur cœur et leur vie à Jésus-Christ notre Seigneur. Pour ces personnes, le Christ est devenu le marié de leur âme et elles mènent une vie qui mérite sa bénédiction. Saint Paul faisait justement allusion à ce style de vie au chapitre 7 de sa première Épître aux Corinthiens. Il leur disait ceci:


« 7 Je voudrais que tous les hommes fussent comme moi; mais chacun tient de Dieu un don particulier, l'un d'une manière, l'autre d'une autre. » (1 Corinthiens 7:7)


Saint Paul parle ici de sa vie de célibat et du temps qu'il consacre à l'Évangile de Jésus- Christ. De plus, il admet que son mode de vie n'est pas fait pour tout le monde, précisant que chacun possède un don qui lui est propre. Il n'essaie pas de dénigrer le mariage, mais il dit clairement qu'une vie de célibat est également une vocation bénie pour ceux qui peuvent la supporter, puisqu'elle présente d'importants défis, tout comme la vie maritale apporte son lot de difficultés.


Ceci dit, le célibat n'est pas toujours un choix à proprement parler. S'il est vrai que certaines personnes sont célibataires de leur plein gré, d'autres y sont contraintes par un concours de circonstances. Mais nous l'avons dit, cela ne veut pas dire qu'elles soient indignes de la bénédiction divine ou qu'elles méritent leur sort dû à leurs erreurs ou à leurs échecs.


Comprenez-moi bien... Il y a des gens qui, en raison de leur vie pécheresse et des mauvais choix qu'ils ont faits, se retrouvent à devoir porter le poids de la solitude. Ce ne sont pas ces gens-là qui nous préoccupent à ce moment-ci. Il est plutôt question de ceux qui mènent une vie de célibat, sans pour autant qu'elle soit le résultat d'erreurs du passé. Et en poursuivant leur vie en solitaire, ces personnes, comme celles qui ont choisi le célibat, peuvent s'offrir au Christ en tant qu'épouses du marié bien-aimé et s'y consacrer personnellement d'une façon


qui n'est pas accessible aux gens mariés. Et cette vie de célibat peut être incroyablement gratifiante et être accueillie comme une belle offrande par le Seigneur lui-même.


Même notre Seigneur Jésus-Christ, au chapitre 19 de l'Évangile selon saint Matthieu, a fait une déclaration que plusieurs lisent rapidement sans mesurer toute la profondeur de ses propos. Lorsqu'il parle du mariage, le Seigneur explique que c'est un lien qui ne peut être brisé pour n'importe quel motif. Et les disciples, après avoir compris toute l'étendue des responsabilités qui incombent aux personnes mariées, finissent par dire que le mariage n'est pas avantageux, suggérant qu'il vaut mieux ne pas procéder plutôt que de commettre une grave erreur en se mariant, ce à quoi le Seigneur répond de deux façons qui méritent qu'on s'y attarde.


Il débute sa réponse en disant que ce ne sont pas tous les hommes qui peuvent adhérer à ses propos, indiquant clairement que tout le monde ne peut pas vivre dans le célibat et que certains vont préférer se marier. Il suggère donc que les deux vocations sont acceptables. Juste après avoir fait cette déclaration, notre Seigneur Jésus-Christ enchaîne en mentionnant trois types d'eunuques: certains sont eunuques de naissance, d'autres y sont forcés, et ceux qui restent se mettent au service du royaume des cieux, dit-il. Avant d'aller plus loin, arrêtons-nous un instant, afin de bien définir ce que nous entendons par le mot eunuque.


La définition la plus commune de ce terme réfère à une personne qui a été castrée pour une raison quelconque. Cependant, après un examen plus attentif de l'extrait, on comprend que le Seigneur ne parle pas de gens castrés en soi, mais de gens qui vivent dans le célibat, faisant allusion à de ce qu'il vient de dire sur le mariage. Il parle donc d'eunuques pour désigner les personnes qui ne sont pas mariées: les célibataires. Et le troisième type d'eunuque auquel il fait référence, ce sont les célibataires qui se consacrent au service du royaume. Le Seigneur termine son allocution en disant: Que celui qui peut adhérer à ce mode vie y adhère.


En quoi ceci est-il important? Eh bien, pour ceux qui vivent dans le célibat, que ce soit par choix ou non, il importe de savoir qu'ils peuvent choisir de se consacrer au royaume. Comme le suggère le Seigneur, ils peuvent choisir d'adhérer à ce mode de vie, de manière à devenir un phare qui permette à l'amour, à la miséricorde et à la justice du Christ de s'exprimer en eux et à travers eux.


La vie de saint Macaire le Grand nous en fournit un parfait exemple. Son histoire nous rapporte qu'un ange du Seigneur s'est présenté à lui et l'a informé que deux femmes de la ville avaient atteint un niveau de perfection spirituelle plus poussé que le sien. Après être allé trouver ces deux femmes et s'être enquis de leur histoire, saint Macaire a déclaré ce qui suit:


« En vérité, le Seigneur ne recherche ni des vierges ni des femmes mariées, pas plus que des moines ou des laïques, mais il salue les intentions pures de chacun, les accueillant aussi bien que l'acte lui-même. Il accorde au libre arbitre de chacun la


grâce de l'Esprit Saint, lequel agit au sein de l'individu et oriente la vie de tous ceux qui espèrent le salut. » (Saint Macaire) - [traduction libre]


Et c'est précisément ce que nous devons comprendre. Le Seigneur n'accorde pas plus d'importance à un statut social qu'à un autre. Que nous soyons mariés ou célibataires, moines ou laïques, tous ces statuts sont autant de chemins qui mènent au salut et qui nous sont accessibles. Ce sont les dispositions du cœur qui comptent. Avons-nous volontairement offert nos vies au Christ, afin de lui appartenir? Quant à ceux d'entre nous qui se consacrent ainsi à lui, le Christ vient à leur rencontre, il habite en eux et les conduit vers le chemin du salut.


Merci d'avoir regardé cette vidéo. Ne manquez pas de regarder nos vidéos précédentes en visitant et en vous abonnant à notre chaîne. Si cette vidéo vous a été bénéfique, partagez-la avec vos ami(e)s.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.