Au nom du Père et du Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Je vous souhaite la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes, alors que nous traitons de sujets spécifiques, tels que celui d'aujourd'hui qui vise à étudier l'Évangile selon saint Jean. C'est la 4 è vidéo que nous produisons sur l'Évangile. La première était une introduction et les deux autres nous ont permis d'expliquer les versets 1 à 13 du chapitre 1. Nous avons dès lors compris que Jean le bien-aimé tenait à témoigner de Jésus-Christ en tant que Fils de Dieu. Il est le Messie, le co-créateur et il est égal au Père. Nous en sommes maintenant au verset 14, alors qu'il se prépare à parler de l'incarnation. Allons-y!


Le verset 14 dit ceci:


« 14 Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1:14)


Le verbe habiter ici vient du grec κεήνοου (keynoou), lequel signifie monter sa tente ou son abri. Saint Jean le bien-aimé veut nous ramener au temps de l'Ancien Testament, alors que Dieu se présentait à nous de façon manifeste. À l'époque de Moïse, il était présent dans le tabernacle, afin de guider son peuple. Il lui apparaissait comme une colonne de fumée le jour et une colonne de feu la nuit. À présent, Dieu veut encore se manifester à son peuple, mais dans un nouveau contexte: celui du Nouveau Testament. Il s'y prend donc autrement.


Sa façon de se manifester diffère, puisque saint Jean nous rapporte que le Verbe, le Logos, s'est fait chair. Autrement dit, il n'est plus question d'envoyer des anges parmi nous comme dans l'Ancien Testament, n'est-ce pas? On parlait de manifestation à cette époque, mais maintenant, il est question d'incarnation. Cette fois, Dieu s'est fait homme. Il a adopté une forme humaine. Et ce faisant, il a monté sa tente. Grâce à sa forme humaine, il est venu guider son peuple et le conduire au salut.


Revoyons le verset 14:


« 14 Et la parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » (Jean 1:14)


Il est très important de faire la différence entre les verbes engendrer et créer. En effet, le Verbe, le Logos, est le Fils unique venu du Père. Qu'y a-t-il de particulier à être venu du Père?


L'expression s'emploie pour préciser qu'un individu est engendré par un autre individu de même nature. En d'autres mots, si j'engendre un enfant, l'enfant est venu de moi. Si j'ai deux filles, celles-ci sont toutes deux humaines, comme moi qui suis humain. Une chatte engendre des chatons, n'est-ce pas? Ainsi, les chatons sont de même nature que la chatte.


En revanche, on crée une peinture. On crée un objet. La nature de l'objet créé diffère de celle du créateur. L'objet est très différent. Ainsi, lorsque saint Jean dit que le Verbe, le Logos, est le Fils unique venu du Père, il indique une fois de plus que le Fils est égal au Père.


Saint Cyrille décrit en long et en large cette idée généralement établie qui stipule que lors de la création, Dieu a insufflé le Saint-Esprit à Adam, que ce dernier l'a perdu après avoir péché, et que Dieu lui a dit:


« 19 (...) Car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière. » (Genèse 3:19)


Et il ajoute que l'un des objectifs de l'incarnation est justement de restaurer cette poussière, cette humanité corrompue. C'est précisément pourquoi Jésus a de nouveau reçu l'Esprit Saint à son baptême. À la fin de cette vidéo, pour ceux que ça intéresse, je mettrai le lien menant à la vidéo des Réponses apostoliques où nous en avons discuté en détail.


Verset 15:


« 15 Jean lui a rendu témoignage, et s'est écrié: C'est celui dont j'ai dit: Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi. » (Jean 1:15)


La difficulté ici, c'est que dans l'ordre chronologique, le Christ est arrivé après saint Jean Baptiste, n'est-ce pas? Donc, c'est dans cet ordre-là que les gens perçoivent leur entrée en scène. Mais ici, saint Jean annonce quelque chose de nouveau en leur disant: Non, non, non... Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi. Il est éternel. Il était là au commencement, n'est-ce pas? Il veut donc clarifier le fait que le Christ était là avant lui, puisqu'il est le Fils de Dieu.


Par la même occasion, il témoigne de lui. Il veut leur dire que cet homme, Jésus-Christ, est le Fils de Dieu et que, par conséquent, Jésus est supérieur à lui et non inférieur. Les gens le perçoivent peut-être comme étant le disciple de Jean, mais ce dernier les corrige en affirmant qu'il est le Dieu incarné.


Puis, saint Jean poursuit ainsi:


« 16 Et nous avons tous reçu de sa plénitude, et grâce pour grâce; » (Jean 1:16)


À ceci, saint Cyrille ajoute:


« Par la plénitude du Fils, comme d'une source pérenne, le don des grâces divines qui en émanent rejoint toutes les âmes qui sont dignes de le recevoir. » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean 1:16) - [traduction libre]


Tous ceux qui cherchent le Christ méritent de recevoir ces grâces divine qui émanent de la source de vie, de la source d'amour, de la source des vertus, n'est-ce pas? Dieu veut nous accorder la plénitude de la vie et c'est en le cherchant que nous en devenons dignes. Par conséquent, il nous accorde grâce après grâce, selon notre mérite. Et peu à peu, nous sommes ramenés à son image, n'est-ce pas? Nous sommes au beau milieu de cette source de grâce.


Saint Jean enchaîne comme ceci:


« 17 car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ. » (Jean 1:17)


La loi de l'Ancien Testament fut instaurée par l'intermédiaire de Moïse, mais à présent, quelque chose de supérieur, de plus grand, la grâce elle-même, la vérité même nous parvient à travers Jésus-Christ. Puis, tout au long de son Évangile, saint Jean explique qui est cette vérité. Et il veut nous amener vers elle, alors il dit ceci:


« 18 Personne n'a jamais vu Dieu [Personne n'a vu le Père.]; le Fils unique, qui est dans le sein du Père [le fils est dans le Père; ce sont deux personnes, mais ils font mutuellement partie l'un de l'autre, n'est-ce pas?], est celui qui l'a fait connaître. » (Jean 1:18)


Nous avons maintenant accès au Père à travers le Fils. Le Fils est venu rendre témoignage du Père et cette Sainte Trinité est la vérité. Il est la vérité que nous devons suivre. Ceci marque la fin de l'introduction de l'Évangile selon saint Jean, versets 1 à 18, alors que celui-ci présentait le Logos et le Christ. Maintenant, il entame une semaine, soit sept jours complets, où il va témoigner que le Christ est le Fils de Dieu, ce qui, nous l'avons déjà dit, se compare aux sept jours de la Genèse (chapitre 1), lesquels visaient le même but. Et ceci commence au verset 19.


Saint Jean commence donc sa première journée de témoignage comme ceci:


« 19 Voici le témoignage de Jean [Jean Baptiste dans ce cas-ci], lorsque les Juifs envoyèrent de Jérusalem des sacrificateurs et des Lévites, pour lui demander: Toi, qui es-tu? » (Jean 1:19)


Ainsi, les Juifs demandaient à Jean: Qui es-tu? De quel droit te permets-tu de baptiser les gens?, car c'était une activité nettement hors du commun pour cette époque et j'y reviendrai dans quelques instants. Mais tout d'abord, il nous faut comprendre les origines du baptême même. Tout a commencé au chapitre 14 du Lévitique, alors qu'un lépreux, ayant été guéri,


avait dû subir un rituel de purification impliquant de l'eau, n'est-ce pas? Le lépreux pouvait ensuite proclamer qu'il avait été guéri de sa lèpre, laquelle était un symbole de péché.


Cette idée de purification dans l'eau a été maintenue tout au long de l'Ancien Testament. Par exemple, on peut évoquer Naaman le Syrien, ce lépreux qui vint trouver le prophète Élisée. Ce dernier lui demanda de se laver sept fois dans l'eau, ce qu'il fit. Lorsqu'il sortit de l'eau, sa peau s'était rétablie. C'était donc grâce à ce rituel impliquant de l'eau que cette purification, cette restauration avait été possible, n'est-ce pas? Et l'événement devint un signe précurseur du baptême que l'on retrouve dans le Nouveau Testament, lequel permet de restaurer l'image de Dieu en nous. Dans ce cas, il s'agit, bien sûr, du baptême qui fut instauré après les débuts de l'Église et qui impliquait le Saint-Esprit.


À ce point-ci de notre analyse, Jean Baptiste n'en est pas là. Ce qu'il offre, c'est un baptême de repentir. Mais c'était tout de même un geste scandaleux pour l'époque, car les Juifs réservaient ce rituel à la famille d'un prosélyte, c'est-à-dire un non-Juif récemment circoncis par suite de sa conversion au Judaïsme. En effet, une fois guéri de l'intervention, toute sa famille était baptisée. Le baptême était donc réservé aux non-Juifs.


Mais dans ce cas-ci, saint Jean baptisait des Juifs, ce qui explique le scandale. Par son geste, il était, en quelque sorte, en train de dire que les Juifs avaient besoin de salut, qu'ils avaient encore besoin de la grâce de Dieu. C'est pourquoi ils venaient le trouver pour lui demander qui es-tu? Autrement dit: De quel droit te permets-tu de faire ces choses? Ce que tu fais est scandaleux. Pour nous, c'est inconcevable.


Alors, voici ce que saint Jean leur répondit:


« 20 Il déclara, et ne le nia point, il déclara qu'il n'était pas le Christ. [Vous croyez que je suis le Christ? Je vous le dis: je ne le suis pas.] 21 Et ils lui demandèrent: Quoi donc? Es-tu Élie? Et il dit: Je ne le suis point. Es-tu le prophète? Et il répondit: Non. » (Jean 1:20-21)


Les Juifs s'attendaient à ce qu'Élie arrive avant le Messie, conformément à la prophétie que l'on retrouve à Malachie, chapitre 4, verset 5. Saint Jean répondit je ne suis pas Élie, bien que le Christ ait parlé de lui à Luc 1:17, affirmant que Jean Baptiste avait un esprit similaire à Élie. Donc, en ce sens, la prophétie s'est réalisée.


Ils lui ont alors demandé: Es-tu le prophète? Le prophète, pour eux, c'était une autre personne qui devait venir avant le Messie, d'après le Deutéronome, chapitre 18, verset 15. Et ils ne savaient pas qui serait ce prophète, alors puisque les gens l'appelaient le prophète, ses interlocuteurs lui demandèrent: Es-tu le prophète? Et saint Jean répondit: Non, je ne suis pas le prophète.


Devant cela, les Juifs ne savaient pas vraiment quoi faire, car ils savaient que cet homme avait une signification quelconque, puisqu'il baptisait les Juifs, mais en revanche, il n'était pas l'un de ceux qui étaient attendus, alors ils le questionnaient.


« 22 Ils lui dirent alors: Qui es-tu? afin que nous donnions une réponse à ceux qui nous ont envoyés. Que dis-tu de toi-même? 23 Moi, dit-il, je suis la voix de celui qui crie dans le désert: Aplanissez le chemin du Seigneur, comme a dit Ésaïe, le prophète. » (Jean 1:22-23)


Au chapitre 40 d'Ésaïe, verset 3, on parle de cette personne, de cette voix qui crie dans le désert et qui prépare le cœur des gens. Alors, saint Jean Baptiste se présente comme étant cette personne qui prépare le cœur des gens à la venue du Messie.


Comme nous allons le voir dans le texte, il y a deux interprétations possibles. La première nous amène à penser qu'ils n'ont pas compris ce que Jean Baptiste leur disait. La deuxième interprétation est un peu plus inquiétante, mais allons d'abord lire le texte:


« 24 Ceux qui avaient été envoyés étaient des pharisiens. 25 Ils lui firent encore cette question: Pourquoi donc baptises-tu, si tu n'es pas le Christ, ni Élie, ni le prophète? » (Jean 1:24-25)


La deuxième interprétation, c'est qu'ils auraient rejeté ses propos. Car s'ils avaient compris ou qu'ils avaient cru qu'il était cette voix criant dans le désert, la situation était lourde de conséquences, car elle supposait qu'ils doivent aussi croire que l'individu annoncé par Jean Baptiste puisse véritablement être le Messie. Répétons-le: cet individu qu'annonçait Jean Baptiste, c'était le Messie, et les Juifs n'étaient pas prêts à adhérer à cette idée.


En guise de réponse à savoir pourquoi il baptise, Jean leur dit ceci:


« 26 Jean leur répondit: Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi; 27 je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. » (Jean 1:26-27)


Encore ici, Jean Baptiste établit le contraste entre lui-même en tant que prophète et le Fils de Dieu en tant que Messie. Et il ajoute qu'il n'est pas digne de délier la courroie de ses souliers. Il y a donc une grande différence entre eux.


« 28 Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait. » (Jean 1:28)


Nous pouvons déjà faire une nette distinction entre les deux types de baptêmes. Avec le premier type, au verset 26, Jean dit qu'il baptise avec de l'eau. Mais au verset 33, comme nous allons le voir bientôt, on dit que le Christ baptise avec l'Esprit Saint. Ainsi, nous avons là


le premier signe indiquant que le baptême dont il est question dans le Nouveau Testament est un sacrement, un mystère, puisqu'il implique l'Esprit Saint. Ainsi, quelque chose qui échappe à notre raison doit être en train de se produire, sinon pourquoi l'Esprit Saint serait-il impliqué?


Plus tard, on peut voir à Jean 3:3, à Jean 3:5, à Corinthiens 2:12, à Romains 6:4, etc. que nous mourons avec le Christ et que nous ressuscitons avec lui par l'entremise du baptême. Nous sommes restaurés. Ces passages nous en montrent tous les signes.


Le jour 1 du témoignage se termine avec Jean Baptiste qui proclame que le Messie est parmi eux. Et ils l'attendent. Il témoigne donc que le Messie est là, puis nous passons ensuite au jour 2:


« 29 Le lendemain [le jour 2], il vit Jésus venant à lui, et il dit: Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. » (Jean 1:29)


Il y a deux choses à remarquer ici. Tout d'abord, on parle au passé. Ce n'est pas donc pas le véritable Jour de l'Épiphanie, mais sa commémoration. Et c'est très évident: Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde, dit-il. Il identifie le Messie.


« 30 C'est celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi. 31 Je ne le connaissais pas, mais c'est afin qu'il fût manifesté à Israël que je suis venu baptiser d'eau. 32 Jean rendit ce témoignage: J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et s'arrêter sur lui. 33 Je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyé baptiser d'eau, celui-là m'a dit: Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et s'arrêter, c'est celui qui baptise du Saint Esprit. » (Jean 1:30-33)


Ici, le texte est clair. Saint Jean Baptiste ne savait pas qui serait le Messie. Alors qu'il était dans le désert, Dieu lui a demandé de baptiser avec de l'eau et lui a dit que lorsqu'il verrait l'Esprit Saint descendre sur un homme et s'arrêter sur lui, cet homme serait le Messie.


Il semble cependant y avoir une contradiction entre ce que saint Jean explique dans son Évangile et ce que saint Matthieu dit dans le sien. En effet, saint Matthieu affirme que lorsque le Christ est venu trouver Jean pour qu'il le baptise, ce dernier a tenté de l'en dissuader, n'est-ce pas? Il lui a dit: C'est moi qui devrais être baptisé par toi. Et Dieu lui a répondu: Qu'il en soit ainsi, n'est-ce pas? Mais il n'y a pas vraiment de contradiction, puisque saint Jean savait qui Jésus était: un homme juste, plus juste que lui-même. C'est pourquoi il était d'avis que c'était lui qui devait être baptisé par Jésus, puisque ce dernier était plus juste.


Mais saint Jean Baptiste ne savait pas que Jésus était le Messie. Il l'a appris seulement lorsque l'Esprit Saint est descendu et s'est arrêté sur lui, tel qu'en témoigne l'Évangile selon saint Jean.


N'oubliez pas: Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi. Et gloire à Dieu pour toujours. Amen.


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