Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.


Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.


Quel est le point de vue de l'Église copte orthodoxe en matière de sexe et de sexualité? Voilà une question embarrassante que plusieurs tentent souvent d'éviter, compte tenu de la nature sensible associée au thème de la sexualité. Malheureusement, le sexe est devenu un sujet extrêmement mal compris que les médias traditionnels illustrent de façon très peu élogieuse.


Par conséquent, le chrétien moyen a tendance à se sentir dépassé dès qu'on aborde le sujet.


C'est gros, c'est énorme, ça dérange, si bien qu'on finit par faire comme si ça n'existait pas, mais le sujet est bien réel et il faut l'aborder.


D'entrée de jeu, soyons très clairs sur les préceptes de notre foi. La sexualité est un don de Dieu, un cadeau béni de Dieu. Trop souvent, nous traitons la sexualité comme si c'était quelque chose de mal en soi, alors qu'en réalité, lorsque exprimée adéquatement dans le cadre du sacrement du mariage, elle devient une très belle chose, une expression intime de l'amour que Dieu a mis en nous.


L'Église orthodoxe dit clairement que le sexe et la sexualité assument trois fonctions majeures au sein des relations entre un mari et son épouse.


Premièrement: Exprimer l'amour intime et passionné qu'ils éprouvent l'un pour l'autre.


Deuxièmement: Aider le croyant à combattre la passion de luxure qui nous est transmise par une société saturée de sexe.


Et la dernière, mais non la moindre: Ouvrir la voie au cadeau qui nous est donné de pouvoir procréer.


Cette vidéo traitera des deux premières fonctions et nous discuterons de la procréation plus tard, dans une autre vidéo.


Avant de continuer notre présentation d'aujourd'hui, il est important de préciser aux gens qui nous écoutent que certains termes, tels que les passions, et en particulier la luxure, doivent être bien compris avant de passer à la suite. Ces sujets ont déjà été traités dans des vidéos précédentes. Nous vous encourageons fortement à regarder ces vidéos, si possible avant de continuer celle-ci. Vous serez ainsi en mesure de mieux comprendre ce que nous tentons d'expliquer en parlant de sexualité humaine.


À présent, examinons les deux premières fonctions que l'on attribue au sexe et à la sexualité, sans toutefois prioriser l'une ou l'autre. La première, c'est l'importance d'exprimer cette forme d'amour des plus intimes et passionnées que puissent exprimer un mari et son épouse, et la deuxième, c'est de combattre la luxure.


Pour ce faire, j'aimerais commencer par deux questions importantes. Tout d'abord: Pourquoi certaines personnes ont-elles une perception si négative de la sexualité? Ensuite: Si l'on conclut que la sexualité est effectivement quelque chose de mal, comment peut-on la percevoir comme étant immorale, alors que c'est Dieu qui en est l'auteur?


Soyons très clairs: tout ce que Dieu a créé, en particulier les caractéristiques qui définissent l'image de Dieu d'après laquelle nous avons été créés, toutes ces choses sont non seulement de bonnes choses, mais de très bonnes choses. Ceci implique que si l'être humain se sert des facultés et des habiletés que Dieu lui a données, et qu'il le fait au bon endroit, au bon moment et en s'inspirant de Dieu, elles ne peuvent que mener à son édification et à son salut. Et ceci comprend l'amour exprimé dans les relations maritales et la sexualité.


Pour la plupart des gens, tout ceci ne pose aucun problème. C'est plutôt quand on parle de sexe en dehors des liens du mariage que le début s'anime, là où l'amour est pratiqué de façon intéressée et sans intention de s'engager envers l'autre à long terme. Voilà le contexte qui dérange! Répétons-le, ceci est directement relié à ce dont nous avons discuté dans les vidéos précédentes à propos des passions et de la luxure. Si nous nous servons de ce que Dieu nous a donné, afin de nourrir nos propres intérêts au lieu d'en rediriger les fruits vers Dieu, ceux-ci deviennent destructeurs. Ils se transforment en passions, lesquelles peuvent éventuellement nous conduire à la mort éternelle. C'est pourquoi l'Église nous interpelle en disant prenez garde!


Imaginons, par exemple, un grand couteau de chef bien affilé... Si l'on remet un tel couteau à un enfant joyeux qui court partout, qui saute dans les bras des gens, qui heurte des objets sur son passage et qui se promène en agitant les bras, le couteau devient tout à coup un objet très dangereux, susceptible de causer de graves blessures. Par ailleurs, le même couteau remis à un chef de calibre international peut devenir un outil servant à créer de magnifiques et succulents plats.


Voyez-vous, le problème, ce n'est pas le couteau. C'est la personne, le contexte et la raison pour laquelle on s'en sert. Et c'est à ce niveau-là que l'on risque de brouiller les cartes en matière de sexualité. L'Église n'a jamais prétendu que le sexe lui-même était une mauvaise chose, mais elle a toujours soutenu qu'en le pratiquant dans un contexte autre que celui que Dieu avait prévu est non seulement mauvais, mais dévastateur. Si l'on s'en tient au cadre que Dieu a établi pour notre salut, soit un homme et une femme partageant une relation maritale fondée sur l'amour exprimé mutuellement et de façon altruiste, alors la sexualité est une chose merveilleuse et belle.


Il est important de noter ce que le livre de la Genèse nous raconte à propos de la création de l'être humain. L'auteur avance quelque chose de très intéressant lorsqu'il dit que la femme a été créée à partir d'une côte de l'homme. Plus tard, dans le Nouveau Testament, le Seigneur Jésus-Christ cite lui-même ce passage en s'adressant aux pharisiens à propos du divorce.


Allons lire ensemble ces deux extraits, afin de mieux comprendre notre conception de la sexualité. Commençons par le chapitre 2 de la Genèse, au verset 24:


« C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair. » (Genèse 2:24) Dans le Nouveau Testament, au chapitre 10 de l'Évangile selon saint Marc, voici ce qu'a dit le Seigneur Jésus:


« Mais au commencement de la création, Dieu fit l'homme et la femme; c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, [dit-il,] mais ils sont une seule chair.


Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. » (Marc 10:6-9) Plusieurs interprètent le fait de devenir une seule chair au sens figuré, mais l'Église n'y a jamais vu une union strictement spirituelle. De toute évidence, Dieu avait voulu que l'union de la chair implique aussi l'intimité physique de l'amour marital. D'ailleurs, vous remarquerez que le Christ y ajoute ses propres paroles, insistant sur le fait qu'ils ne sont plus deux, mais (...) une seule chair. Il va même jusqu'à dire que c'est Dieu qui les a joints, ce qui nous fait voir la profonde et mystérieuse beauté de l'union entre un mari et son épouse.


Par ailleurs, il fut un temps, dans les débuts de l'Église, où plusieurs croyaient approprié de s'attaquer avec véhémence au mariage et aux relations maritales. Nous savons qu'il en était ainsi, surtout durant les quatre premiers siècles de l'Église apostolique, alors que plusieurs croyaient qu'il valait mieux vivre dans le célibat et attendre l'avènement du Seigneur, car selon eux, le mariage risquait de leur coûter la vie éternelle. Puis en l'an 340 de notre ère, après le premier Concile de Nicée, un synode provincial fut tenu à Gangres, une ancienne ville jadis située sur le territoire de la Turquie actuelle. Par la grâce de Dieu, les évêques qui en firent partie se firent un devoir de défendre l'honneur du mariage et des relations maritales, ce qui permit de formuler la règle suivante, premier canon du Synode de Gangres:


« Si quelqu'un blâme le mariage et déteste ou blâme celle qui en étant par ailleurs chrétienne et pieuse dort avec son mari, comme ne pouvant entrer dans le royaume de Dieu, qu'il soit anathème. » (Canon 1 du Synode de Gangres) - [traduction tirée du site des Vrais Chrétiens Orthodoxes, http://orthodoxievco.net/] Le mot anathème signifie excommunié. Ce que le canon nous dit à vous et moi, c'est que l'Église a toujours considéré le mariage et les relations maritales comme étant honorables et dignes du sacrement matrimonial. Autrement, comment pourrait-elle tolérer de voir ses prêtres se marier et fonder des familles de plusieurs enfants? Pensez-y un instant.


Pour conclure cette présentation, il faut noter que l'Église n'a jamais fermé les yeux sur le fait que la société ait perverti la sexualité et qu'elle en ait fait une source de nombreux maux dans nos vies. Des calamités, telles que le trafic humain, l'abus des enfants, la dépendance à la pornographie et à une panoplie d'activités sexuelles, sans oublier les maladies transmissibles sexuellement, tous ces phénomènes sont à la hausse.


En conséquence, l'Église encourage tous et chacun à réaliser qu'une partie de la solution à cette luxure et aux maux qu'elle entraîne passe par la compréhension adéquate et honorable de l'intention que Dieu avait en ce qui concerne l'expression de la sexualité. Si nous aspirons à surmonter et à combattre la luxure dans l'optique de jouir plus tard d'un don encore plus grand, c'est-à-dire d'une sexualité telle que Dieu l'a conçue, nous trouverons alors le courage, avec l'aide de l'Esprit Saint, de nous protéger du péché jusqu'au moment où Dieu jugera opportun de nous faire ce cadeau.


N'oubliez pas, mes frères:


Connaissez votre foi, vivez votre foi et enseignez votre foi.


Et gloire à Dieu maintenant et toujours et pour les siècles des siècles. Amen.


Autres suggestions de vidéos:


Les passions - Partie 1: Que sont les passions et comment les combattre?


Les passions - Partie 2: Qu'est-ce que la luxure?