Au Père et au Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Je vous souhaite la bienvenue à cette analyse détaillée que vous offre le site des Réponses coptes orthodoxes, durant laquelle nous nous penchons sur l'Évangile selon saint Jean. Nous sommes sur le point de commencer le chapitre 2. Jusqu'à maintenant, nous avons vu que l'Évangile de Jean était organisé comme certains contenus de la Genèse. Ainsi, son Évangile contient sept jours où l'on témoigne que le Fils de Dieu est le Messie et qu'il est égal au Père. De même, au chapitre 1 de la Genèse, on trouve sept jours où Dieu témoigne de lui-même en proclamant qu'il est le Créateur.
Voici le résumé de ce qui s'est passé durant les quatre premiers jours du premier chapitre:
Le 1 er jour débutait au verset 19. Les Juifs sont allés trouver Jean Baptiste qui leur a dit qu'il n'était pas le Messie, mais que le Messie arriverait bientôt.
Le 2 è jour se déroulait à partir du verset 29. Saint Jean a aperçu Jésus qui venait vers lui et a déclaré qu'il était l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Il a donc témoigné que Jésus était le Messie.
Le 3 è jour commençait au verset 35, toujours dans le chapitre 1. André est allé trouver son frère saint Pierre et lui a dit: Nous avons trouvé le Messie.
Le 4 è jour se pointait dès le verset 43. Ce jour-là, Nathanaël a dit à Dieu: Rabbi, tu es le Fils de Dieu.
À présent, nous abordons le chapitre 2 où il est écrit:
« 1 Trois jours après, il y eut des noces à Cana en Galilée. La mère de Jésus était là, 2 et Jésus fut aussi invité aux noces avec ses disciples. 3 Le vin ayant manqué, la mère de Jésus lui dit: Ils n'ont plus de vin. » (Jean 2:1-3)
Lorsqu'on examine les quatre premiers jours du chapitre 1, on remarque qu'ils commencent tous par... le 1 er jour commence par voici le témoignage de Jean, au verset 19. Puis, nous avons les jours 2, 3 et 4 qui commencent par le lendemain... Voilà pour les quatre premiers jours. Rendu au chapitre 2, saint Jean l'évangéliste passe directement du 4 è au 7 è jour en disant trois jours après... Comme nous allons le voir dans quelques instants, il y a une profonde symbolique à découvrir ici.
Avant de comprendre cette symbolique, il faut d'abord examiner l'extrait au sens strict. En termes simples, Saint Jean Chrysostome dit que la seule présence du Christ à ce mariage était une bénédiction en soi, que la procréation est une bonne chose et que le lit demeure pur dans le cadre du mariage. Tout ceci passe par Dieu. Saint Clément d'Alexandrie insiste pour dire combien c'est beau un mariage et à quel point un parent se sacrifie en montrant son amour à ses enfants.
Le mariage est donc assurément quelque chose d'absolument pur, quelque chose qui passe par Dieu. C'est une vocation et ce n'est pas facile. C'est difficile. Et l'on se sacrifie aussi bien dans le mariage qu'en devenant des parents. Voilà le sens strict associé à ce passage.
Maintenant, passons à la très belle symbolique que l'on peut en dégager. D'ordinaire, lorsqu'on entend ou qu'on lit le 3è jour, particulièrement dans l'Ancien Testament, et dans ce cas-ci également, on pense à la résurrection, n'est-ce pas? Le Christ, le roi, fut incarné, est mort et est ressuscité pour nous, afin que nous puissions faire partie de lui, partager avec lui et être en communion avec lui. Nous sommes en communion avec à la Trinité, tel que saint Jean le mentionne dans sa première Épître. Ainsi, notre joie est parfaite, n'est-ce pas?
Donc ici, c'est sans surprise qu'un mariage se déroule au 3 è jour. Le Christ est le marié. Nous sommes la mariée et nous sommes en relation intime avec lui. Et faut-il le répéter, cette relation intime est empreinte de joie. Mais on se retrouve... durant ce mariage, il n'y a pas de vin. Et partout dans l'Ancien Testament, le vin symbolise la joie.
Au lieu d'être remplis de joie en ce jour de résurrection, au lieu de voir leur vie restaurée ici sur terre et d'être sanctifiés au sein de l'Église, les invités se sont retrouvés sans vin, sans joie. Voyons ce qui s'est passé. Saint Jean Chrysostome nous dit ceci:
« Ceux qui l'avaient invité n'avaient pas vraiment mesuré qui il était, pas plus qu'ils n'avaient pensé inviter un grand homme. Il n'était qu'une simple connaissance parmi tant d'autres. Et l'Évangéliste y fait allusion en disant « la mère de Jésus était présente, ainsi que ses frères » » (Saint Jean Chrysostome) - [traduction libre]
Ainsi, l'Évangile mentionne que Jésus, sa mère et ses disciples étaient présents. En fait, ce que saint Jean dit, c'est ceci. Imaginez qu'une noce se déroule aujourd'hui. Habituellement, il y a la table des mariés à l'avant, puis il y a d'autres tables tout près réservées à des invités de marque. On trouve généralement à ces tables les parents, ainsi que les demoiselles et les garçons d'honneur. Les autres invités sont placés à l'arrière, n'est-ce pas? Certains sont à distance, d'autres un peu plus près, mais quoi qu'il en soit, ces gens sont considérés comme des personnes secondaires. Le Christ faisait partie de ces invités ordinaires. Comme le dit saint Jean, il n'était qu'une connaissance de la famille. Il ne faisait pas partie des invités de marque. Et c'était là le principal problème.
Ceci est un message qui s'adresse à nous. Souvent, comme chrétiens, nos vies n'ont rien de vertueux. Et sans vertu, il n'y a pas de joie. Nous manquons de vin. Pourquoi? Parce que le Christ ne fait pas partie de nos vies. Nous le traitons comme s'il n'était qu'une simple connaissance. Nous ne le considérons pas comme une personnalité de marque, un V.I.P., le Grand Je Suis, n'est-ce pas?
C'est lui l'Être Suprême. C'est lui qui est au cœur de nos vies. C'est lui l'âme du mariage. Il est le fondement de nos amitiés. Notre travail repose sur lui. Il donne un sens à nos vies. Si nous le traitons comme une simple connaissance, toute notre vie est vécue ainsi, et au lieu de vivre un paradis, de participer au mariage, nous finissons par manquer de vin. La joie nous déserte. Et c'est le désastre.
Voilà ce que saint Jean tentait de nous expliquer. Il s'adressait aux chrétiens du siècle premier et leur expliquait pourquoi nous finissons par manquer de joie dans nos vies. Et comme nous l'avons dit plus haut, sa première Épître dit ceci: si vous êtes en communion avec le Christ, et donc la Trinité, votre joie sera parfaite.
En réponse à sainte Marie qui lui disait ils n'ont plus de vin, Jésus dit:
« 4 Jésus lui répondit: Femme, qu'y a-t-il entre moi et toi? Mon heure n'est pas encore venue. 5 Sa mère dit aux serviteurs: Faites ce qu'il vous dira. » (Jean 2:4-5)
Nous savons que le Christ est allé de l'avant et qu'il a accompli son miracle, alors voici ce qu'il faut comprendre de ce passage. Si le Christ a dit mon heure n'est pas encore venue, c'est qu'il savait que s'il décidait de faire un miracle en public, une chose en entraînerait une autre et sa crucifixion aurait lieu plus tôt que prévu, n'est-ce pas? C'est pourquoi il a dit mon heure n'est pas encore venue. En d'autres mots, il n'était pas encore temps d'être crucifié.
Mais il est important de noter que le Christ n'a pas changé ses plans. Il n'a pas accompli de miracle en public. Il s'est mis en retrait, en compagnie des serveurs, et nous connaissons le reste de l'histoire, n'est-ce pas? Mais il n'a pas changé d'idée.
Un autre point important à soulever, c'est le fait qu'il s'adresse à sainte Marie en disant femme. Ce terme n'avait pas de connotation irrespectueuse à l'époque. Aujourd'hui, le fait d'interpeller quelqu'un en disant femme peut sembler grossier ou impoli, mais ce n'était pas le cas ici. L'emploi de ce terme avait la même valeur que le mot madame de nos jours, n'est-ce pas? C'était l'intention à cette époque.
À ce propos, voici une autre chose très importante à mentionner: le Christ ne dit pas maman quand il parle à sainte Marie; il l'appelle madame. Il se montre donc obéissant comme un Fils obéit à sa mère, mais il emploie femme ou madame pour lui rappeler qu'il est le Fils de Dieu, qu'il est son Dieu. Il est son Fils, oui, mais aussi paradoxal que cela puisse paraître, il est
également son Dieu. Et au bout du compte, c'est lui qui décide de ce qu'il faut faire, n'est-ce pas? Par ce détail, saint Jean, en bon théologien qu'il était, souhaitait démontrer une fois de plus qui était réellement le Fils de l'homme ou le Fils de Dieu, n'est-ce pas?
Nous devons insister sur un autre sens encore plus profond ici. Sainte Marie informe le Christ qu'ils n'ont plus de vin. Le Christ répond femme, mon heure n'est pas encore venue. Puis sainte Marie va trouver les serveurs et leur dit: Faites ce qu'il vous dira, n'est-ce pas? De toute évidence ici, il est question d'intercession. Dans une de nos vidéos des Réponses apostoliques, nous avons déjà expliqué en quoi consiste l'intercession et à quel point elle compte. Nous avons également produit une vidéo intitulée Pourquoi sainte Marie est-elle une personnalité si importante au sein du christianisme?
C'est parce que leur relation était très profonde, significative et intime, étant donné que Dieu était son Dieu et son Fils à la fois. Ainsi, pour éviter d'expliquer tout ça ici, nous allons fournir les liens à ces vidéos dans la section des commentaires ci-dessous. Ainsi, vous pourrez aller les consulter si ça vous intéresse.
Revenons à notre texte, au verset 6:
« 6 Or, il y avait là six vases de pierre, destinés aux purifications des Juifs, et contenant chacun deux ou trois mesures. » (Jean 2:6)
Ces vases de pierre contenaient l'eau dont les Juifs se servaient pour se laver les mains avant chaque repas, n'est-ce pas? Ça faisait partie de leur rituel avant les repas. Ensuite, on dit:
« 7 Jésus leur dit: Remplissez d'eau ces vases. Et ils les remplirent jusqu'au bord. 8 Puisez maintenant, leur dit-il, et portez-en à l'ordonnateur du repas. Et ils en portèrent. » (Jean 2:7-8)
De toute évidence, ce passage est très clair lorsqu'on le prend au sens strict. Côté symbolique, nous avons encore une belle découverte qui nous attend, n'est-ce pas? En effet, les vases de pierre que Dieu veut remplir d'eau jusqu'au bord, c'est nous qu'ils représentent. Lorsque nous évoquons ou que nous discutons du récit de la femme Samaritaine, ces paroles du Christ nous reviennent: Si tu bois l'eau que je te donne, tu n'auras plus jamais soif. Et nous savons que dans ce chapitre 4 de Jean, l'eau dont il est question est un symbole de l'Esprit Saint. Nous y reviendrons plus tard, si Dieu le veut.
Donc ici, je suis le contenant, le vase de pierre, et le Christ veut me remplir d'eau, de son eau sacrée, de son eau vivifiante qui représente l'Esprit Saint. Et il veut me remplir de son Esprit jusqu'au bord. Il veut que je fasse le plein de lui. Et remarquez qu'une fois que j'en suis rempli, il prend de cette eau et la tourne en vin, comme dans notre extrait. Ainsi, l'eau de l'Esprit Saint devient une source de joie, puisque, nous l'avons dit, le vin symbolise la joie.
Une fois que le Christ devient notre pilier, notre fondation, qu'il est au cœur de nos vies, nous devenons remplis de l'esprit de cette eau vivifiante, laquelle se change en un vin de délices qui nous apporte la joie, n'est-ce pas? Voilà la symbolique qui se cachait dans cet extrait.
À ce point-ci, l'eau fut changée en vin en privé, au moment où les serveurs étaient sur le point d'amener l'eau à l'organisateur de la noce, ou plutôt le vin, devrais-je dire, n'est-ce pas? Et l'on peut imaginer à quel point l'organisateur devait être nerveux. Pourquoi? Parce la situation était désastreuse. Sur le plan culturel, ceci était un grave problème. Lorsque la noce durait ainsi pendant des jours et que le vin venait à manquer, les gens le savaient rapidement. Ils en entendaient parler. Ils se passaient le mot. Et selon toute vraisemblance, la réputation des mariés était entachée. C'était vraiment la catastrophe.
Mais nous avons beaucoup à apprendre de sainte Marie dans cette histoire. Elle ne s'est pas contentée de dire bof, c'est leur problème. Elle s'est approprié le problème. Elle s'est levée. Elle est allée trouver son Fils et lui a demandé de faire un miracle. Bien sûr, le Christ n'est pas à notre disposition pour accomplir des miracles comme ce fut le cas dans ce récit, mais souvent, il y a des choses que nous pouvons faire et qui sont à notre portée. Nous pouvons aider les autres, non? Il nous faut apprendre cette qualité de leader dont sainte Marie a fait preuve dans cette histoire.
Par amour pour les autres, elle a décidé d'agir. Et nous devrions faire de même. Souvent, nous rencontrons des gens à l'église qui se plaignent des problèmes qui existent dans la société, au gouvernement ou au travail, peu importe, et ces gens ne font que parler. Mais à quoi sert de parler? Il faut se lever et faire quelque chose. Et c'est ainsi que les choses doivent se passer: nous devons éclairer le monde, ne serait-ce que dans notre communauté.
Nous savons qu'il y a quelques personnes qui éclairent les autres dans notre ville. Et dans d'autres villes, il a quelques autres personnes qui éclairent les autres, et ainsi de suite. Mais pour que cela se produise, il faut que nous, les chrétiens, décidions d'agir. Alors, suivons l'exemple de sainte Marie dans ce passage.
Reprenons maintenant au verset 9:
« 9 Quand l'ordonnateur du repas eut goûté l'eau changée en vin, - ne sachant d'où venait ce vin, tandis que les serviteurs, qui avaient puisé l'eau, le savaient bien, - il appela l'époux, 10 et lui dit: Tout homme sert d'abord le bon vin, puis le moins bon après qu'on s'est enivré; toi, tu as gardé le bon vin jusqu'à présent. » (Jean 2:9-10)
De toute évidence, cet extrait compare deux types de vins: le premier et le deuxième. Et peut-être l'avez-vous deviné: le premier ne dure pas; il symbolise la joie terrestre. On le constate chez les personnes qui commettent un péché. Au moment de pécher, elles ressentent
une certaine joie, un certain plaisir, mais une fois devenues esclaves de ce péché, leur plaisir s'estompe et la joie disparaît. La joie qui est associée au péché ne dure pas.
Le deuxième type de joie est une joie céleste. Celle-ci est non seulement durable, mais elle a bien meilleur goût. Et c'est le but à viser. Lorsque Dieu nous remplit de l'eau vivifiante du Saint-Esprit (nous, étant le contenant, le vase de pierre), il agit à la source de cette eau vivifiante et la change en une source de joie céleste. Ainsi, nous connaissons une vie heureuse avec le Christ. Nous faisons partie du mariage et nous nous y plaisons.
Au verset 11, on dit:
« 11 Tel fut, à Cana en Galilée, le premier des miracles que fit Jésus. Il manifesta sa gloire, et ses disciples crurent en lui. » (Jean 2:11)
Le verbe croire ici ne signifie pas avoir confiance comme s'il s'agissait d'une simple idée abstraite que l'on a en tête. Il a une signification beaucoup plus profonde et nous en reparlerons dans une prochaine vidéo, si Dieu le veut. Pour l'instant...
Gloire à Dieu pour toujours. Amen.
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