Comment comprendre le récit de la création que nous présentent les chapitres 2 et 3 de la Genèse? Que veut-on dire lorsqu'on affirme qu'Adam est né de la poussière et que Dieu a soufflé sur lui? Que penser du fait qu'Ève ait été créée à partir d'Adam? Et que dire du jardin d'Éden, de la rivière qui y coule, de l'arbre de vie et de l'arbre de la connaissance du bien et du mal? Au cours de cette série sur le récit de la création, nous nous penchons sur toutes ces questions et plus.
Bienvenue aux réponses d'une foi apostolique.
Au Père et Fils, le Saint-Esprit, le Dieu unique. Amen.
Le chapitre 1 de la Genèse a déjà fait l'objet d'une analyse détaillée auparavant. Vous trouverez les titres de ces vidéos à la fin de la présentation d'aujourd'hui. À présent, nous allons continuer d'explorer ensemble les merveilleux mystères qui se cachent dans ces chapitres marquants des Saintes Écritures. Avant de commencer, j'aimerais vous rappeler que ces passages n'ont rien à voir avec les réalités scientifiques. De nos jours, nous accordons une grande importance à la science. Celle-ci nous paraît si pertinente que bien souvent, nous cherchons à donner une couleur scientifique à ces chapitres de la Genèse.
Cependant, le récit de la création, tout comme l'ensemble des Écritures, ne saurait se comprendre en s'appuyant sur la science. Il faut plutôt user de spiritualité et de théologie pour en tirer toute l'essence. À notre époque, le monde voit la science comme un dieu et parfois, bien inconsciemment, nous agissons de même en lui accordant plus d'importance que nécessaire. En lisant les Écritures d'un point de vue scientifique, nous en altérons la valeur au lieu de les mettre en valeur. Le but des Saintes Écritures est de donner un sens à la vie, ce qui est beaucoup plus précieux que n'importe quelle connaissance scientifique.
Commençons par la création d'Adam. Le nom Adam vient du mot hébreu המדא (adamáh) qui signifie terre. Adam est à la fois une personne et un symbole pour toute l'humanité. Dans le récit de la création, le nom d'Adam semble faire l'objet de jeux de mots subtils, bien que ceux-ci soient plus apparents dans la version hébraïque originale.
Cette création de Dieu qu'on appelle humanité contraste avec le reste de la création de façon implicite. En effet, pour créer le monde, Dieu n'a eu qu'à en donner l'ordre et ce fut fait. Quant à l'humanité, cependant, ce ne fut pas aussi simple. Dieu a accordé une attention particulière à la création d'Adam. S'exprimant dans un vocabulaire anthropomorphique, c'est-à-dire en des termes que l'humain puisse comprendre, les Écritures racontent que Dieu aurait pris le temps de réfléchir et de bien peser ses décisions avant de créer les humains. Ce n'est qu'après s'être soumis à cet exercice qu'il nous aurait créés à son image et à sa ressemblance.
L'humanité occupe donc une place de choix; elle est le fleuron de la création.
Par contre, ce statut spécial vient avec des responsabilités, comme nous le verrons plus loin dans cette vidéo. En effet, les humains n'ont rien fait pour mériter ce cadeau. S'ils en ont été gratifiés, c'est par la grâce de Dieu qui émanait de ses effusions d'amour.
Ce qu'il faut en comprendre, c'est que l'humanité est très spéciale, trait sur lequel les Écritures insistent de façon implicite lorsqu'elles comparent la création des animaux et celle des humains. Les animaux ont simplement été créés à partir de la poussière. L'homme aussi est né de la poussière, mais en plus, il a reçu le souffle de vie, le Saint-Esprit qui, par la grâce de Dieu, est venu habiter en lui. Dans son commentaire sur l'Évangile selon saint Jean, saint Cyrille avance ce qui suit:
« (...) J'imagine que personne n'aurait supposé que le Souffle qui procède de l'Essence Divine ne deviendrait l'âme de la créature, et qu'une fois qu'elle serait dotée de cette âme, ou plutôt qu'elle serait devenue propriétaire d'une nature parfaite, tant d'âme que de corps, le Créateur lui imprimerait l'Esprit Saint, c'est-à-dire le Souffle de Vie, tel un sceau de Sa propre Nature, la modelant ainsi sur la Beauté originale et lui apportant une touche finale à l'image de Celui qui l'avait créée... » (Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur Jean, livre 9) - [traduction libre] Que signifie tout cela? Je dirais d'abord que les autres Pères de l'Église parlent du souffle de vie comme étant le νους (nous), cette faculté qui permet aux humains de chercher Dieu et de se connecter à lui spirituellement. Les deux termes sont des synonymes. On peut également dire recevoir l'Esprit Saint, reprenant ainsi l'expression utilisée dans le texte même de la Genèse. Les animaux, les poissons et les oiseaux furent tous créés à partir de la poussière seulement, mais d'après le chapitre 1 de la Genèse, on les dit vivants, c'est-à-dire qu'ils ont reçu un corps et une âme animale, laquelle est venue animer leur corps.
Pour sa part, en plus de recevoir une âme et un corps, Adam a reçu l'Esprit Saint dont parle saint Cyrille. C'est grâce à l'Esprit Saint que l'humanité a reçu le pouvoir de communiquer avec le ciel, c'est-à-dire avec Dieu, les anges et les saints qui nous ont précédés là-haut. Et cette même humanité née de la poussière peut également communiquer avec le monde physique: la terre, les arbres, les animaux et le reste.
L'humain est la seule créature capable d'interagir tant avec le monde spirituel que physique.
Puisque les animaux ont été créés uniquement à partir de la poussière, leurs interactions se limitent au monde physique. Les anges étant des êtres spirituels, ils n'appartiennent qu'au domaine spirituel. Mais les humains ont accès aux deux dimensions. Sur ce, saint Grégoire de Nysse nous dit ceci:
« [Dieu] a donné à [Adam] une faculté à deux volets, combinant le Divin et le matériel... ce qui lui permet d'apprécier Dieu grâce à sa nature plus divine [c'est-à-dire grâce à l'Esprit Saint ou le nous qui l'habite], tout en profitant des bonnes choses de la terre grâce aux facultés sensibles qu''il a en commun avec elles. » (Saint Grégoire de Nysse, Sur la création de l'homme, 2) - [traduction libre] Plus loin, Saint Grégoire ajoute encore:
« Alors que deux natures, l'une divine et immatérielle, l'autre irrationnelle et propre aux animaux, sont séparées l'une de l'autre comme des extrêmes, la nature humaine se situe à mi-chemin entre les deux [au point médian]: car dans la nature composite de l'homme, on peut distinguer une partie de chacune des natures prises séparément. » (Saint Grégoire de Nysse, Sur la création de l'homme, 16) - [traduction libre] En deuxième lieu, comme nous l'avons mentionné plus haut, la grâce dont Dieu a fait preuve en créant l'humanité vient avec son lot de responsabilités. Au chapitre 1 de la Genèse, verset , Dieu confère à l'homme le droit d'exercer son autorité et sa domination sur la création.
Deux versets plus loin, au verset 28, Dieu lui ordonne de peupler la terre et de l'assujettir.
Le verbe assujettir ici se dit שאבק (kabash) en hébreu. Mais l'interprétation qu'on en fait diverge au sein des différentes confessions chrétiennes. Certains y voient une soumission agressive et violente de la création et pour appuyer leur théorie, ils citent d'autres passages de l'Ancien Testament où le terme kabash est employé. Mais nous oublions souvent que nous avons affaire à une traduction que les humains ont manipulée d'après leur propre compréhension des choses.
Dans la présente vidéo, nous nous contenterons de préciser que le christianisme orthodoxe n'adhère pas à ce genre d'interprétation du mot kabash. Le Christ ne brisera pas un roseau cassé et n'éteindra pas une mèche qui brûle encore . Nous devrions suivre son exemple.
L'humanité s'est vue confier la responsabilité de la création et nous devons nous en occuper avec toute la douceur et le souci que Dieu lui-même lui apporterait.
N'oubliez pas: cette autorité fut conférée à des êtres créés à l'image et à la ressemblance de Dieu. Ce simple fait suppose que nous adoptions les comportements de Dieu, avec l'aide de à l'Esprit Saint qui vit en nous. De nos jours, on évoque généralement cette idée en parlant de mener une vie vertueuse. La plupart de Pères de l'Église diront que d'être à l'image de Dieu, c'est d'avoir l'intelligence et la liberté de choix, tandis que d'être à la ressemblance de Dieu, c'est d'être vertueux comme lui. Voici ce qu'en dit saint Grégoire de Nysse:
Cette phrase se rapporte à Ésaïe 42:3, dont l'idée est aussi reprise à Matthieu 12:20: « Il ne brisera point le roseau cassé, et il n'éteindra point la mèche qui brûle encore. » À l'époque, puisque l'huile de lin était inflammable, elle servait de combustible dans l'éclairage.
« De plus, en peignant le portrait de manière à ce qu'il soit un reflet de sa propre beauté après l'avoir enrichi de vertus ... notre Créateur, se projetant en nous, nous fait voir sa propre souveraineté... sa pureté, son impassibilité face aux passions, sa nature bénie, son rejet de toute forme de mal, et toute autre caractéristique du genre. » (Saint Grégoire de Nysse, Sur la création de l'homme, 5) - [traduction libre] En effet, si nous avons l'autorité sur terre, ce n'est pas pour en abuser, mais pour s'en servir avec douceur et avec grâce; pour en prendre soin avec gentillesse et amour. À noter que le fait de tuer des animaux est un comportement qui est apparu après la chute. Auparavant, Adam exerçait son autorité sur eux en leur donnant un nom, ce qui était un signe d'affection aussi bien que d'autorité.
Cette même idée d'autorité et d'affection envers les animaux se retrouve dans de nombreux récits de nos saints bien-aimés. Ces personnes en sont arrivées à ressembler à Dieu et à vivre la vie telle qu'il l'avait conçue à l'origine. Saint Barsoum et l'histoire du serpent en est un exemple. Le nom d'Abba Macaire, entre autres, est associé à plusieurs récits liés au soin des animaux. En voici un exemple:
« Abba Macaire raconta... « Un jour que nous étions toujours assis dans la grotte, j'ai entendu une voix retentir... et quand je suis sorti dehors, j'ai vu un énorme serpent.
Lorsqu'il m'a vu, il a courbé le cou... En l'apercevant, j'ai remarqué que quelque chose s'était logé dans son œil droit. En repensant à la compassion de mon Seigneur Jésus- Christ et au pouvoir invincible de la croix, j'ai appliqué un peu de salive sur le visage du serpent en disant: « Mon Seigneur Jésus-Christ, toi qui a rendu la vue à l'homme qui était aveugle de naissance, aie pitié du défaut qui afflige cette bête et guéris-la. »
Sur ces paroles, le fragment tomba de son œil... » » (Devenir feu: un an en compagnie des Pères et des Mères du désert, révisé par Tim Vivian, p.40-41) - [traduction libre] C'est également sous cet angle que nous devrions entreprendre notre jeûne végétalien: vouloir agir d'après le concept original de la création et prendre soin du règne animal.
Lorsque le Christ a pris une forme humaine, il a abordé l'humanité avec toutes ses faiblesses et a mis de l'avant les privilèges que Dieu lui avait accordés, afin de la guérir et de la perfectionner. Il s'est donc nourri de ce que nous mangeons aujourd'hui, y compris les animaux, jusqu'à ce que l'humanité soit recréée en lui.
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